e président sortant de Zambie, Hakainde Hichilema, a encore accru son avance lundi en tête du scrutin présidentiel : avec 62% des voix après le dépouillement des bulletins de plus de 70% des circonscriptions, sa réélection à la tête de ce pays d’Afrique australe laisse peu de place au doute. De nombreuses questions entourent cependant les arrestations la semaine passée, confirmées tard dimanche par le gouvernement, de six figures de l’opposition, dans un coup de filet supposé viser une “milice” en formation jeudi, le jour des élections. Un parlementaire a été blessé par balles lors du raid, selon le principal rival de “HH”, Brian Mundubile, qui paraît décroché dans la course à la présidence avec 36% des voix à ce stade. Après une campagne déjà marquée par des différends inhabituels – notamment des accusations de la part de l’opposition d’intimidations, de restrictions ou d’arrestations -, la confusion régnant depuis le scrutin porte un coup à la réputation de démocratie stable de ce géant du cuivre. Gouvernement et opposition se rejettent la responsabilité d’avoir provoqué l’échange de tirs. Cette opération de Réunis en session extraordinaire le samedi 15 août 2026 sous la présidence de Mbaye Dione, les membres de l’Alliance nationale des cadres du progrès (Ancp) sont montés au créneau suite à la révision à la hausse des prix à la pompe. Dénonçant une gestion économique instable et peu soutenable, l’organisation affiliée à l’Afp appelle l’exécutif à faire preuve de vérité et de responsabilité face à la fragilisation du pouvoir d’achat des Sénégalais. Au lendemain de la décision des autorités d’augmenter le prix du carburant, l’Alliance nationale des cadres du progrès (Ancp) s’est réunie au siège national de l’Afp à Sacré Cœur 1. Présidée par le Secrétaire général du parti, le Député-Maire Mbaye Dione, cette rencontre s’est muée en une tribune de charge contre la conduite des politiques publiques et financières de l’État. À l’origine de cette prise de parole, l’ajustement tarifaire entré en vigueur ce 15 août 2026 : le supercarburant subit une hausse de 70 F Cfa (passant de 920 à 990 F le litre) et le gasoil grimpe de 75 F (de 680 à 755 F le litre). Une mesure difficile à faire passer auprès de l’opinion, d’autant plus que les prix avaient été baissés des mêmes montants le 06 décembre 2025, soit moins de neuf mois auparavant. Face à ce qu’ils qualifient de « rétropédalage », les cadres progressistes fustigent le manque d’anticipation et de viabilité des décisions gouvernementales. L’Ancp remet en question la compatibilité de ces hésitations tarifaires avec la concrétisation du Plan de redressement économique et social (Pres). Les cadres de l’Afp ont notamment pointé du doigt les récentes explications apportées à l’Assemblée nationale par l’ancien Premier ministre et actuel Président de la chambre haute, Ousmane Sonko. Selon eux, évoquer la dépendance aux cours mondiaux pour justifier cette hausse traduit avant tout les contraintes d’une politique de subvention mal ajustée aux capacités financières réelles du pays. Pour l’Ancp, la protection du pouvoir d’achat ne peut pas s’appuyer sur des baisses artificielles ou non soutenables à long terme. Affirmant que la responsabilité politique exige de dire la vérité aux citoyens, l’Alliance Nationale des Cadres du Progrès préconise une réorientation globale de la politique économique et énergétique du Sénégal autour de cinq grands axes surtout la rigueur budgétaire : Une maîtrise accrue des dépenses publiques et un ciblage plus rigoureux des mécanismes de subvention, la mise en place de dispositifs de protection spécifiquement destinés aux ménages les plus vulnérables, l’accélération de la valorisation des ressources nationales en hydrocarbures et en énergies renouvelables pour prémunir le pays contre la volatilité des marchés internationaux, une focalisation de l’action publique sur la production locale, l’investissement, l’emploi et la compétitivité des entreprises sénégalaises. L’Ancp conclut son adresse en exhortant le pouvoir central à privilégier l’intérêt général, la stabilité macroéconomique et le pouvoir d’achat des ménages dans la conduite de l’action publique. police “a permis la saisie d’armes militaires de haut calibre soumises à des restrictions, ainsi que l’arrestation de membres présumés d’une milice et d’autres personnes présentes sur les lieux”, affirme le gouvernement. “Je rejette catégoriquement ces accusations. Le NRPUP n’a pas de milice”, a balayé lundi M. Mundubile, à propos de son parti. Les autorités zambiennes ont souligné que cet ancien ministre sous l’ex-président Edgar Lungu (2015-2021) “se trouvait sur les lieux” de la descente de police. Et pour cause: il s’agissait de son domicile, selon son camp. Même la date du raid n’est pas claire. Quand les autorités zambiennes ont finalement confirmé des arrestations tard dimanche, après plusieurs jours de rumeurs et de dénégations de la police, elles l’ont situé au jeudi, jour des élections présidentielle et parlementaires. Pour le NRPUP, conformément aux rumeurs, l’opération s’est déroulée vendredi soir. Ce matin-là, au lendemain du scrutin seulement, M. Mundubile avait revendiqué la victoire électorale sans s’embarrasser d’explication. Dans la foulée, la commission électorale avait suspendu le dépouillement pour plusieurs heures en raison de “violences”. La transition en douceur de 2021 au profit de M. Hichilema, vainqueur à sa sixième tentative, paraît bien loin. Elle avait fait naître des espoirs à Washington de rapprochement avec la Zambie. Deuxième producteur de cuivre d’Afrique et huitième au monde, le pays de 22 millions d’habitants est historiquement proche de Pékin, qui y domine les investissements miniers. Cinq ans plus tard, la “corruption institutionnalisée et sophistiquée”, dénoncée en avril par l’ambassadeur américain lors d’un discours d’adieu en forme de réquisitoire, confirme que ce tournant ne s’est pas produit. Pour tenter de revenir sur le devant de la scène, l’opposition a tenté de capitaliser sur le mécontentement d’une partie de la population, qui elle ne voit pas les fruits des réformes économiques ou de l’exploitation minière, alors que le pays dispose aussi de ressources en cobalt, nickel et manganèse. Le Front patriotique, dont est issu M. Mundubile (55 ans), avait pourtant laissé un pays en défaut de paiement souverain, après des années d’endettement massif. Depuis, “HH” (64 ans) a obtenu un accord historique de restructuration de la dette, rétabli un programme du Fonds monétaire international (FMI) et remis l’économie sur la voie de la croissance, s’attirant les éloges des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux. Dans le dépouillement en cours du scrutin de jeudi, les résultats de 65 des 226 circonscriptions doivent encore être communiqués. Après analyse des premiers chiffres, l’ONG Transparency International Zambia (TI-Z), les jugeait crédibles, ne relevant “aucune différence entre les résultats annoncés par la commission électorale de Zambie et ceux recueillis par les observateurs de TI-Z”. Peu de chance, néanmoins, que M. Mundubile reconnaisse la réélection de M. Hichilema : il a déclaré lundi qu’il utiliserait “tous les moyens légitimes et constitutionnels à disposition pour obtenir justice”. La bataille judiciaire acharnée depuis plus d’un an entre la famille d’Edgar Lungu (mort en 2025) et le gouvernement quant au lieu de son inhumation – en Afrique du Sud où il est mort ou bien en Zambie – révèle une détestation dont la férocité se retrouve dans ces élections. Parmi les six personnalités de l’opposition arrêtées figure un gendre de l’ex-président.

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