PRIORITÉS DU SECTEUR DE L’ENERGIE EN 2027 : LE RENFORCEMENT DE LA SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE ET LE DÉVELOPPEMENT DES ÉNERGIES PROPRES

Le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, a souligné, mardi à Alger, que le renforcement de la sécurité énergétique, le développement des énergies propres et l’amélioration du service public constituent les principales priorités du secteur pour l’année 2027, indiquant qu’un budget proposé de 123,4 milliards DA y est consacré, notamment pour soutenir les projets de raccordement à l’électricité et au gaz, le développement des énergies renouvelables et la maîtrise de l’énergie.

Le ministre s’exprimait lors d’un exposé présenté devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), comprenant les grandes lignes et les priorités proposées pour le budget sectoriel pour 2027, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2027, en présence du vice-président de la Commission, Abdenour Belarbi, et de la ministre des Relations avec le Parlement, Najiba Djilali. Le ministre a précisé que le budget sectoriel s’inscrit dans la poursuite des efforts visant à garantir l’approvisionnement en énergie et à satisfaire les besoins des citoyens et de l’économie nationale, soulignant que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, accorde une importance particulière à l’amélioration du cadre de vie des citoyens, notamment à travers le raccordement à l’électricité et au gaz dans les zones isolées. Dans ce contexte, il a indiqué que le taux de raccordement électrique a atteint près de 99 %, au profit de plus de 12,8 millions de clients, le taux de raccordement au gaz ayant atteint près de 80 %, au profit de plus de 8,7 millions de clients. Concernant la répartition du budget proposé pour l’année 2027, le ministre a indiqué que l’enveloppe financière globale estimée à 123,4 milliards DA est répartie sur trois programmes principaux, englobant l’électricité et le gaz, la maîtrise de l’énergie et les énergies nouvelles et renouvelables, ainsi que l’administration générale. Dans ce cadre, la plus grande partie de ces crédits, d’un montant de 93,89 milliards de DA, est consacrée au programme d’électricité et de gaz, qui comprend la poursuite de la mise en œuvre des programmes de raccordement à l’électricité et au gaz au profit des habitations à travers les différentes wilayas, y compris les programmes complémentaires approuvés par le président de la République. Le programme prévoit également le lancement de nouvelles opérations de raccordement au profit des wilayas nouvellement créées, en sus d’un programme supplémentaire au profit de certaines wilayas, afin de rattraper le retard enregistré dans les taux de raccordement par rapport à d’autres wilayas. Ces crédits couvrent également la poursuite de la réalisation des projets d’électricité et de gaz, ainsi que des opérations de raccordement énergétique au profit de sept zones industrielles, le soutien à la facture d’électricité dans les wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux concernées, outre la poursuite du financement du programme de conversion des réseaux de gaz et des lignes électriques à haute tension ayant fait l’objet d’actes de sabotage. La deuxième partie du budget, d’un montant de 24,06 milliards de DA, est consacrée au programme de maîtrise de l’énergie et des énergies nouvelles et renouvelables, qui prévoit la mise en œuvre du programme national de maîtrise de l’énergie, à travers l’inscription de 13 projets visant à rationaliser la consommation dans plusieurs secteurs. La troisième partie, d’un montant de 5,6 milliards de dinars, est destinée au programme de l’administration générale, couvrant notamment le fonctionnement de l’administration centrale et des services déconcentrés, l’acquisition d’équipements et de matériel bureautique et informatique, ainsi que la réhabilitation des sièges des directions de l’Energie dans certaines wilayas et les études et la réalisation de nouveaux sièges dans les wilayas nouvellement créées. Par ailleurs, en plus des programmes inscrits au budget du ministère, Sonelgaz poursuivra le suivi de la réalisation de ses infrastructures énergétiques, avec des investissements estimés à 624 milliards de dinars pour l’année 2027, selon l’exposé du ministre. L’année prochaine verra également la mise en service des 17 dernières centrales prévues dans le cadre du programme de production d’énergie solaire photovoltaïque, d’une capacité totale de 2 440 mégawatts-crête (MWc), ainsi que le suivi de la mise en service de plusieurs centrales de production d’électricité à travers les wilayas. Dans le même contexte, Sonelgaz poursuivra, en coordination avec les walis, le suivi des opérations de raccordement à l’électricité et au gaz inscrites dans le cadre des programmes relevant des wilayas et des programmes faisant l’objet d’un financement conjoint. S’agissant des tarifs de l’électricité, le ministre a affirmé qu’”à l’heure actuelle, aucune décision n’a été prise concernant une augmentation des tarifs de l’électricité”. Par ailleurs, le secteur s’attelle à l’élaboration d’un modèle national de consommation d’électricité et de gaz, permettant de préserver les capacités énergétiques pour les générations futures et de garantir la sécurité énergétique, tout en réalisant une transition progressive vers un mix énergétique durable reposant sur les différentes sources d’énergie disponibles. Concernant les mesures législatives proposées dans le cadre du PLF 2027 au titre du secteur de l’énergie et des énergies renouvelables, elles prévoient l’extension de l’exonération de la TVA au profit des activités de production, de transport, de distribution et de commercialisation de l’électricité, ainsi que de transport, de distribution et de commercialisation du gaz par canalisation. Il est également question d’allonger les délais de restitution des crédits de taxe relatifs à certaines opérations réalisées au cours de l’année 2025. Ces mesures préconisent, en outre, le relèvement à 10% du taux de déduction fiscale applicable aux dépenses liées à la réalisation d’infrastructures de production d’hydrogène vert et d’énergies renouvelables, un avantage désormais étendu aux frais de boisement et de reboisement des forêts. Parmi les autres nouveautés figure la modification des modalités de recouvrement et de versement du droit fixe sur la consommation d’électricité et de gaz, en confiant cette charge à la société de concession de distribution sur la base des montants encaissés, outre l’exonération de la taxe sur la consommation énergétique au profit de certains produits de fabrication locale fonctionnant à l’électricité et destinés à l’exportation, conformément aux conditions fixées par les textes en vigueur. Sur le plan de l’emploi, le ministre a fait savoir que le secteur contribuait, à travers ses organismes et institutions, à la création d’emplois directs et indirects, mettant en avant la programmation du recrutement de 4000 travailleurs durant la période allant de 2024 à 2029, avec priorité accordée aux nouvelles wilayas.

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