QUE VAUT LA PREMIÈRE CLASSE C ÉLECTRIQUE DE L’HISTOIRE ?

ette année, Mercedes renforce sa gamme électrique au pas de charge. Après, notamment, les nouveaux GLC et GLB, c’est au tour de la Classe C de proposer des variantes 100% électriques. Une première pour la marque à l’étoile depuis 1982. A combiner les qualités attendues d’une Mercedes avec une architecture 800 V performante, “notre” C 400 4M fait bonne réalisé en Finlande… le pays le plus heureux du monde. Mercedes fait le pari de simplifier le nom de ses électriques pour aider ses clients à s’y retrouver dans sa gamme pléthorique. L’époque n’est donc plus à proposer des modèles thermiques/électriques radicalement différents. Mais plutôt à proposer des “familles” disponibles avec des chaines de traction variées. Ainsi, les dernières “étoiles” wattées abandonnent l’appellation “EQ + une lettre” pour reprendre le nom de leur homologue thermique – GLC, GLB, et bientôt GLA. Impossible de ne pas reconnaître une Mercedes dans le style de la nouvelle venue, dont le regard et la calandre hypertrophiée sont typiques de la marque. Les signatures lumineuses spectaculaires font la part belle aux étoiles, qu’on retrouve aussi bien à l’avant qu’à l’arrière. En revanche, tout le monde ne sera pas fan de ses proportions, l’immense empattement de 2,96 m allant de pair avec des porte-à-faux courts. Cette Classe C a, vue de l’arrière, des faux-airs d’EQE, dont la plastique n’a pas vraiment fait l’unanimité. Mais la “C” s’en sort mieux, notamment grâce à ses feux arrière regroupés sous un bandeau noir. A noter que l’Allemande ne dispose pas d’un hayon, mais d’une simple malle. Côté dimensions, la nouvelle venue ne mesure pas moins de 4,88 m, soit la taille d’une Classe E de 2009 ! Un sacré gabarit quand on songe que la future BMW i3, qui arrive elle aussi à la rentrée, n’affichera “que” 4,76 m. Longueur : 4,88 m Largeur sans rétroviseurs : 1,89 m Hauteur : 1,50 m Empattement : 2,96 m Chez Mercedes, comme chez Audi, tous les nouveaux modèles font le plein d’écran et la nouvelle Classe C n’échappe pas à la règle. Les geeks n’auront d’yeux que pour l’Hyperscreen (1 500 Û), où l’écran conducteur, le central et celui du passager se fondent sous un verre de presque 1 m de diamètre ! Voilà qui est encore plus spectaculaire que le Superscreen livré de série – où trois écrans juxtaposés sont séparés par des bandes noires. A reposer sur la plateforme du GLC plutôt que sur celle des CLA, GLB et futur GLA, cette C électrique affiche une réalisation plutôt honorable. Les plus exigeants tiqueront sur le côté trop plastique autour des poignées de maintien des contreportes. Mais l’ambiance est d’autant plus flatteuse que l’allemande offre pas mal de possibilités de personnalisations, du choix de la sellerie aux inserts décoratifs. L’allemande n’a pas de problème pour accueillir ses occupants, même de grande de taille aux places arrière. Rien d’étonnant au vu du gabarit de cette Classe C. Même si compte-tenu des 4,88 m de long, il n’y a rien trop aux places arrière. Comme souvent avec les électriques, la présence de la batterie sous le plancher impose une assise arrière un peu basse histoire de préserver de la garde au toit mais la posture s’avère assez agréable pour envisager de longs trajets. Côté coffre, il annonce 470 l, ce qui n’impressionne pas non plus vu le gabarit. Car, derrière la belle longueur de chargement, l’ouverture n’est pas géante et surtout la hauteur disponible apparaît quelconque. Au moins, la voiture propose sous le plancher un bac à la contenance appréciable. La qualité des dalles et la fluidité des animations font leur petit effet. Tout comme l’efficacité de la commande vocale qui comprend de mieux en mieux les requêtes… quand il y a du réseau. Le compromis tactile/touche physique est bien dosé une fois qu’on vous a expliqué toutes les astuces disponibles. Comme la possibilité de personnaliser la barre de commandes en bas de l’écran central, par exemple. Ou qu’il faut “swapper” depuis le bord droit de l’écran pour revenir au menu sur la dalle du passager. Sur notre modèle d’essai, ce dernier propose moult activités, de Netflix au jeu vidéo. Avec un détail amusant : interdiction pour le conducteur de regarder la vidéo sur cette dalle, sinon l’écran devient noir, car une caméra le surveille en permanence ! Signalons la qualité du système audio Burmester à 15 haut-parleurs (1 350 Û), qui enchantera les audiophiles (670 W, Dolby Atmos). Sinon, il est dommage d’avoir à passer par l’écran central pour régler son appui lombaire ou pour régler la luminosité du toit panoramique (option à 1 300 Û). Aussi charmante soit la Finlande, l’endroit n’est pas le “bonheur des essayeurs”. La faute aux innombrables radars et aux amendes corrélées aux revenus du conducteur, qui peuvent dépasser plusieurs milliers d’euros (!). Voilà qui refroidit l’ambiance, d’autant que les routes droites du nord d’Helsinki sont bien tristes comparées aux spéciales du rallye de Finlande qui se court quelques trois cent kilomètres plus au nord. On est loin des conditions idéales pour tester la première Classe C 100% électrique depuis la naissance de la lignée en 1982. La première heure de conduite n’est, d’ailleurs, guère instructive au volant de “notre” variante 400 4M, la variante bimoteur un devant, un derrière offrant quatre roues motrices à la demande. Les 489 ch et 800 Nm de couple disponibles n’ont aucun intérêt sur ces routes limitées le plus souvent à 80 km/h et pas plus de 120 km/h sur l’autoroute. Dommage, car l’Allemande annonce des performances de haut niveau, avec un 0 à 100 km/h expédié en seulement 4 secondes, pour une vitesse de pointe bridée à 210 km/h. Au moins la douceur typique des électriques est au rendezvous. Cette Classe C propose plusieurs modes de régénération qu’on active depuis les palettes au volant de rien du tout jusqu’à un mode automatique qui fonctionne plutôt bien. Notre version à l’essai est équipée du Pack agilité et confort (2 900 Û), qui comprend la suspension pneumatique baptisée Airmatic ainsi que les roues arrière directrices – jusqu’à 4,5° en opposition en ville pour maximiser le diamètre de braquage (12,10 m) et jusqu’à 2,5° dans le même sens que les roues avant au-delà d’une certaine vitesse pour améliorer la stabilité. Un rien trop souple sur les ondulations en mode Confort, l’allemande est bien mieux tenue en Sport. Mais c’est surtout la quiétude à bord qui séduit, avec des bruits d’air si bien contenus… qu’on entend encore mieux les quelques bruits de roulement sur les revêtements granuleux. Arrivé au centre d’essai où Mercedes nous a concocté des ateliers sur la sécurité, quelques tours d’un mini circuit nous a au moins permis de cerner la personnalité de l’Allemande. Avec toutes les technologies embarquées disponibles en série ou en option, la Classe C ne propose pas moins de 27 capteurs et caméras (!). Autant dire que la liste des aides à la conduite fait le plein, du régulateur de vitesse adaptatif au freinage d’urgence dernier cri, comme Mercedes nous en fait la démonstration. Petit détail qui n’en est pas un, Mercedes a conservé en haut de la dalle centrale, la (trop) petite icône qui permet de désactiver l’alerte de survitesse en 1 clic. Pour les autres ADAS, il faut aller farfouiller dans les menus. A rouler sur des lénifiantes lignes droites et quelques rares virages, on constate facilement que cette C400 4M se suffit de moins de 18 kWh/100 km à l’ordinateur de bord. De quoi aller loin avec les 94 kWh utiles contenus dans la batterie, grâce, notamment, aux 2 vitesses associés au bloc électrique arrière, très utile pour abaisser l’appétit sur les voies rapides. Mercedes annonce jusqu’à 762 km sur le cycle WLTP, avec des belles vitesses de recharge grâce à l’architecture 800 V. En courant continue sur les super chargeurs principalement disponibles sur l’autoroute, la batterie accepte jusqu’à 330 kW de puissance. De quoi, selon la marque à l’étoile, recharger jusqu’à 325 km en 10 minutes et remonter la “pile” de 10 à 80% en 22 mn dans les meilleures conditions. Classe C 400M Avantgarde Line : 66 399 Û Classe C 400MBusiness Line : 67 899 Û Classe C 400M AMG Line : 71 049 Û Classe C 400M Business Line Executive : 77 299 Û En attendant des versions plus abordables, cette convaincante Classe C 400 4M ne s’affiche pas à moins de 66 399 Û, avant les nombreuses options et personnalisations de notre version d’essai. Un tarif copieux pour cette berline qui s’adresse d’abord aux flottes, les particuliers prisant peu cette carrosserie en France. Et c’est dommage, car cette Classe C démontre un confort de roulement bien supérieur à n’importe quel SUV, ces derniers, pénalisés par leur hauteur, imposant des grosses barres antiroulis préjudiciables à la sérénité à bord…

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