QUE VAUT LE PETIT SUV HYBRIDE MOINS CHER QU’UN SPORTAGE ?

i son nom est déjà connu en Corée, soit dans son pays d’origine mais aussi aux Etats Unis, le Kia Seltos ne devrait avoir aucune difficulté à faire parler de lui en Europe et notamment en France. En effet la seconde génération de ce petit frère du Sportage va débarquer en hybride au catalogue du constructeur coréen après l’été chez nous et nous l’avons déjà essayé. Accueillant à bord, proposant des prestations homogènes sur route et a priori sobre, le Seltos, qui sera également disponible avec une transmission intégrale, coche de nombreuses cases pour séduire les familles. A l’instar de la plupart des constructeurs qui vendent leurs modèles sur plusieurs continents, Kia adapte son offre en fonction des marchés. Inconnu au bataillon en Europe, le Seltos a été lancé en 2019 dans de nombreux pays dont les Etats Unis où il se place derrière le Sportage, qui n’est ni plus ni moins que le best-seller mondial du constructeur coréen. Mais ce dernier devrait voir son hégémonie contestée car Kia a décidé de proposer la seconde génération de Seltos sur le Vieux Continent où il débarquera après l’été. Si l’an dernier, l’écart de ventes au niveau mondial entre les deux modèles était conséquent (299 766 Seltos contre près du double de Sportage avec 569 688 exemplaires), on se dit que ce petit frère pourrait lui chiper des clients. Le potentiel et les qualités pour y parvenir sont là, comme nous avons pu le découvrir lors de notre premier essai. Cela ne vous aura sans doute pas échappé, ces dernières années, les designers des marques coréennes se lâchent ! Ce goût pour l’audace, on le trouve en effet autant chez Hyundai que chez Kia sans que les deux marques sœurs ne se marchent sur les pieds. Sous le contrôle de Karim Habib depuis 2019, les dernières créations de Kia comme les EV3 et autres EV5 sont aussi spectaculaires qu’originales, un choix également assumé pour ce nouveau Seltos. Si ce petit frère du Sportage n’échappe pas à la signature lumineuse à l’avant comme à l’arrière, sa calandre évasée noire laquée ne recourt pas au logo lumineux et c’est tant mieux. Mais c’est surtout du côté du profil que le Seltos sort du lot avec à l’arrière une custode qui donne la sensation que le toit est désolidarisé du reste de la carrosserie. Dans l’univers des SUV compacts, il y a l’embarras du choix. Et certains constructeurs comme Kia propose plusieurs modèles plus ou moins gros, une stratégie également adopté par Renault avec ses Symbioz et Austral. En débarquant dans la famille Kia où l’on trouvait déjà le Niro et l’inévitable best-seller Sportage, le Seltos devrait compliquer le choix des acheteurs lui qui, avec ses 4,43 m de long s’intercale entre les deux modèles. Mais si le Niro (4,42 m) devrait prochainement profiter d’un gros restylage pour tenter de lui résister, c’est surtout le grand frère Sportage (4,52 m) qui a ici le plus à perdre car à de nombreux égards, le Seltos parle à la même cible tout en proposant des prestations proches dans un format plus compact. Longueur : 4,43 m Largeur : 1,83 m Hauteur : 1,60 m Empattement : 2,69 m Si certains constructeurs manquent cruellement d’imagination avec leurs planches de bord avec un écran tactile à tout faire et basta, Kia propose son propre univers, dupliqué à bord de ses créations les plus récentes. Pièce maitresse de cet aménagement, on trouve large écran de quasiment 30 pouces allant du poste de conduite vers le centre de la voiture. Ce dernier est en fait composé de trois parties avec un compteur numérique (12,3 pouces), une dalle centrale tactile de 12,3 pouces et placées au milieu, les commandes tactiles de la climatisation (5 pouces). Préférant le pragmatisme à la fantaisie, on trouve de nombreux vrais boutons de commandes dument identifiés pour faciliter la prise en mains et de nombreux rangements avec notamment un large espace fourre tout placé entre les sièges avant. Bref, réalisé avec sérieux, l’ensemble devrait plaire au plus grand nombre d’autant que ce Seltos propose des matériaux plus valorisants, ou dit plus précisément, plus homogènes que dans les dernières créations du constructeur coréen. A l’instar de certains produits technologiques venus de Corée, le Kia Seltos propose un univers multimédia simple à prendre en mains et rapide. Les menus sont faciles d’accès et clairs. Le SUV coréen propose aussi un utile bouton raccourci étoile placé sur le volant permettant d’accéder facilement à sa page préférée comme celle des (dés)activations des aides à la conduite. Mais si l’ensemble séduit, on peut juste regretter une cartographie de la navigation aux graphismes un peu désuets. A l’œil, le Kia Seltos donne la sensation qu’il est plus grand. Ce sentiment d’en offrir plus, on le découvre aussi en prenant place à l’arrière. Grâce à son empattement généreux (2,69 m), le coréen accueille dignement des passages sur sa banquette arrière avec un espace plus que décent pour caser les gambettes des grands sur pattes. Certes, comme dans la plupart des voitures du marché la place arrière manque de confort avec un dossier raide, mais le Seltos propose plusieurs réglages en inclinaison de ce dernier afin de prendre ses aises. Bref, les parents attentifs au petit confort de leur progéniture apprécieront d’autant plus que le Seltos assure aussi côté coffre. Ainsi, sous le hayon on dispose d’une malle bien dimensionnée et aux formes parfaitement cubiques facilitant le chargement. Mais si Kia annonce 536 litres, c’est en plaçant le plancher en position basse, en sachant que notre modèle d’essai ne proposait pas cette fonctionnalité avec un bac rigide aux rangements multiples placé dessous. Il faudra donc le retirer pour profiter du maximum de volume de charge. Ces dernières années, Kia a énormément progressé du côté de l’agrément de conduite de ses voitures et ce Seltos en est une nouvelle démonstration. Au-delà de proposer une expérience de conduite agréable laquelle commence par une position facile à trouver pour le commandant de bord avec un duo siège/volant proposant des réglages sur de grandes amplitudes, ce SUV coréen fait de l’homogénéité sa force. Par ce terme, il faut comprendre que le Seltos n’est ni le pire ni le meilleur élève de sa catégorie mais que ses prestations sont équilibrées. Ainsi, bien servi par une direction suffisamment communicative pour cerner les limites d’adhérence et un train arrière multibras à l’arrière (pour les motorisations hybrides) le comportement routier est d’une rassurante neutralité avec suffisamment d’agilité pour ne pas transformer les itinéraires sinueux en calvaire. Le poids ne s’y fait pas non sentir, gage d’une mise au point soignée. Il n’y a que du côté du confort que nous émettons quelques réserves. En effet, essayé en Corée, notre Seltos d’essai était réglé pour ce marché avec des suspensions traditionnellement plus souples et donc plus axés confort que ceux prévus pour les versions européennes. Or, nous avons déjà trouvé que ce Seltos n’était pas inconfortable mais un peu ferme. Il faudra donc vérifier lors de notre futur essai “à la maison”, si les ingénieurs coréens ne sont pas allés trop loin au risque de rendre ce SUV familial moins séduisant. Enfin, côté aides à la conduite, le Seltos ne souffre d’aucun manque mais on regrette toujours qu’à bord de Kia (et aussi Hyundai), les alertes sonores soient aussi intrusives. Heureusement on peut les désactiver. Si le Seltos possède de nombreux atouts pour chiper des clients à son grand frère Sportage, il ne fait pas jeu égal côté moteur. En effet, s’il dispose bien d’une mécanique hybride, celle-ci est celle, évoluée du Niro avec moins de puissance (157 ch contre 239 ch au Sportage). La raison est simple puisqu’ici le 1.6 essence à injection directe qui fonctionne sous cycle Atkinson n’est pas aidé par un turbo. Dans l’absolu, les performances n’ont rien d’indigentes (0 à 100 km/h en 10,4 s). Mais lors des dépassements ou en roulant chargé, on ressent les limites mécaniques de l’engin. Il n’en reste pas moins que pour de nombreux conducteurs, cela suffira avec de la douceur grâce à l’efficace boîte à double embrayage à six rapports. Et autre bon point, côté sobriété, ce Seltos semble assurer. Lors de notre long roulage (près de 400 km) alternant ville, réseau secondaire mais aussi autoroute, nous avons établi un plus qu’honorable 5,6l/100 km en moyenne, un chiffre que nous ne manquerons pas bien sûr de revérifier. Enfin, si nous n’avons pu prendre le volant du Seltos qu’en traction, les montagnards et autres amateurs de transmission intégrale pourront profiter d’une version quatre roues motrices. Accueillant à bord, proposant des prestations honnêtes sur route, le Kia Seltos a beaucoup de bons arguments pour devenir le nouveau chouchou de la gamme Kia au détriment du Sportage. C’est d’autant plus vrai que s’ils ne sont pas encore connus à l’heure où nous publions ces lignes, ses tarifs avec un prix de base estimé à 37 500 Û, devraient être plus grand public que ceux de son grand frère (39 550 Û minimum).

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