Récupération des fonds détournés :  Fruit d’un travail rigoureux mené par les institutions de l’Etat

Des experts en économie et en droit ont mis en avant, lundi, l’importance des mesures juridiques prises par l’Algérie pour récupérer ses fonds et biens détournés et illicitement transférés à l’étranger, estimant qu’il s’agit là du “fruit d’un travail rigoureux mené par les institutions de l’Etat”.

Dans une déclaration à l’APS, le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef a estimé que le dossier de la récupération des fonds détournés constitue un dossier “des plus sensibles et complexes dans le processus de transformation économique et institutionnelle”, car il “ne se limite pas à la lutte contre la corruption, mais reflète également le passage de l’Etat à une nouvelle ère fondée sur le recouvrement de la souveraineté financière et le renforcement de la crédibilité des institutions, tant au niveau local qu’à l’étranger”. Il a précisé que le recours aux commissions rogatoires internationales est devenu un outil efficace dans ce domaine, citant notamment celle adressée à la Suisse, en vertu de laquelle l’Algérie récupérera plus de 110 millions de dollars. Pour l’expert, ce succès ne saurait être réduit à sa dimension financière, mais “témoigne de la maturité de l’Algérie en matière de diplomatie judiciaire, à travers la transformation de revendications politiques en dossiers juridiques et techniques conformes aux normes internationales strictes”. Ce dossier constitue “un test pour les partenariats internationaux”, compte tenu des différences de coopération entre les pays dans le traitement des demandes de restitution, allant de la flexibilité suisse et de la coopération espagnole à l’intransigeance française, ce qui confirme que la récupération des fonds “n’est pas seulement un processus juridique, mais aussi une bataille diplomatique nécessitant la mobilisation du poids économique et politique de l’Etat”, a-t-il ajouté. Abondant dans le même sens, l’analyste économique, Slimane Nacer, a estimé que les démarches engagées pour la récupération des fonds détournés “vont dans la bonne direction”, soulignant que ces efforts “ne se limitent pas à l’aspect financier, mais ont également une portée morale, en tant qu’expression d’une volonté ferme de restituer les droits du peuple algérien”. Evoquant les disparités constatées dans la coopération de certains pays face aux demandes de récupération des fonds et des biens détournés, M. Nacer a souligné que l’Algérie “était consciente, dès le départ, de ces défis”. Toutefois “son attachement au principe de récupération des fonds du peuple et son action continue en ce sens, reposant sur une approche juridique et diplomatique, ont permis d’obtenir des résultats concrets”. Les progrès réalisés en la matière “constituent en soi un acquis, compte tenu de la complexité de ce dossier et de l’imbrication de ses dimensions juridiques internationales”, a-t-il ajouté, soulignant que la poursuite de ce processus est à même de “renforcer la souveraineté économique du pays”. Pour l’enseignant à la Faculté de droit de l’Université d’Alger 1, Hamza Khedri, ces résultats sont “le fruit du plan d’action rigoureux initié par les instances compétentes, en exécution de l’engagement du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à œuvrer à la récupération des fonds détournés”. La révision constitutionnelle de 2020 a, en effet, contribué à renforcer ce processus à travers la création de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC), laquelle a lancé une stratégie nationale en la matière, accordant une importance particulière au dossier de récupération des fonds détournés. L’expert a salué, à ce titre, le rôle pivot de la justice à travers les jugements rendus portant sur la confiscation des biens des personnes impliquées dans des affaires de corruption et le transfert de leurs revenus vers le fonds dédié à cet effet. Il a également mis en avant le rôle de la diplomatie algérienne dans cette démarche, s’appuyant sur l’activation des accords bilatéraux et la conclusion de nouveaux traités, ce qui a eu un impact apparent dans la facilitation de la récupération des fonds illicitement transférés à l’étranger, à l’instar des préparatifs pour la réception de plus de 110 millions de dollars de la Confédération suisse”.  Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines avait fait état, dimanche, lors de la réunion du Conseil des ministres, présidée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, de l’envoi de 33 commissions rogatoires adressées à la Confédération suisse, dont 20 dossiers ont été examinés et acceptés, 4 d’entre eux, liés aux fonds détournés et gelés, ayant été définitivement traités à ce jour. En vertu de ces procédures, plus de 110 millions de dollars seront restitués à l’Algérie”.

A.A.

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