Les orientations données par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de la réunion du Conseil des ministres, qu’il a présidée, dimanche, concernant le secteur des mines, marquent une étape qualitative vers l’instauration d’une approche plus rigoureuse et efficace pour le développement de ce secteur stratégique.
Tout en veillant à la précision des données, à l’accélération du rythme de réalisation et au renforcement du recours aux technologies et aux compétences nationales, ont indiqué des experts économiques. Dans une déclaration à l’APS, l’expert minier Toufik Hasni, a expliqué que l’orientation donnée par le président de la République afin d’élaborer un plan d’exploration précis, dénote une connaissance approfondie des exigences de développement du secteur, soulignant que la simple présentation des potentialités minières ne suffit pas en soi, mais doit être étayée par des données de terrain confirmées sur les réserves exploitables. Et d’ajouter que la définition d’objectifs clairs et de délais précis permet de renforcer la confiance des investisseurs, relevant que “l’imposition d’objectifs précis traduit une rigueur dans l’approche à même de donner davantage de crédibilité au positionnement de l’Algérie en tant que leader à l’échelle internationale dans le domaine des ressources minières”, mais aussi représente “un facteur déterminant dans la concrétisation des projets”. L’expert a également fait savoir que l’accélération du rythme de réalisation de projets miniers constitue “une condition essentielle pour préserver cette crédibilité”, estimant que les retards dans la mise en œuvre “pourraient impacter négativement l’attractivité du secteur, tandis que le respect des délais reflète une réelle capacité à concrétiser des projets aux normes internationales”. Dans ce cadre, il a souligné l’importance de disposer d’un système intégré de compétences couvrant l’ensemble des étapes de l’activité minière, allant de la recherche et de l’exploration jusqu’à l’exploitation et la commercialisation, appelant à une révision du système de formation afin de répondre aux besoins croissants en spécialités techniques et scientifiques. De son côté, l’expert Ali Kefaifi a mis en avant l’importance de s’appuyer sur les compétences nationales, notamment celles établies à l’étranger, pour accompagner cette dynamique, indiquant que la valorisation de la chaîne de valeur minière est de nature à générer une valeur ajoutée significative pour l’économie nationale et à contribuer à la diversification des sources de revenus hors hydrocarbures. Il a, en outre, précisé que l’Algérie dispose d’un potentiel important en plusieurs minerais stratégiques, relevant que leur valorisation requiert “le passage d’une logique d’exploration traditionnelle à une logique de vérification de terrain des données disponibles”. Dans la même optique, l’expert en gestion minière, Rachid Tridi, a estimé que les instructions du président de la République consacrent une transformation du secteur minier algérien fondée sur le passage à “une logique de résultats”, à travers la mise en place d’une industrie durable reposant sur l’équilibre entre la rigueur de la planification industrielle et la flexibilité dans l’adaptation à la réalité géologique. Selon cette vision, “l’exploration n’est plus une fin en soi, ni une simple curiosité géologique, mais s’inscrit désormais dans une chaîne intégrée de production industrielle”, a-t-il soutenu.
APS

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