Des conflits aux événements météorologiques catastrophiques, en passant par les incertitudes économiques, la liste est longue des chocs et des turbulences qui ont frappé les pays cette année et mis à rude épreuve leurs populations.
Face à ces défis, les économies ont globalement affiché une résilience et une capacité d’adaptation plus importantes qu’anticipé. L’année 2025 a été marquée par de fortes fluctuations de l’économie mondiale. L’optimisme initial des perspectives conjoncturelles a cédé la place à un pessimisme généralisé, sur fond de ralentissement de la croissance mondiale, de tensions géopolitiques, d’incertitudes politiques, d’intensification des frictions commerciales et de niveaux d’endettement toujours problématiques. Pour la troisième année consécutive, les pays en développement ont remboursé plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts, avec un montant de transferts nets sur la dette qui a atteint en 2022-2024 son plus haut niveau depuis 50 ans. En dépit de ces obstacles majeurs, l’économie mondiale a démenti les prévisions, en particulier en ce qui concerne les pays en développement. La croissance mondiale a été plus élevée que prévu malgré la hausse des tarifs douaniers et les tensions commerciales, alors que la réouverture des marchés obligataires a apporté un peu de répit financier et que les taux d’intérêt ont entamé leur décrue. La diminution des incertitudes entourant les politiques commerciales et la stabilité des marchés de l’énergie ont également contribué à cette dynamique. Les prévisionnistes tablent désormais sur une croissance d’environ 2,7 % (a) pour 2025, ce qui correspond globalement au taux anticipé en début d’année. Une résilience qui s’explique en partie par l’adaptation rapide des économies, à la faveur notamment de la réorientation des chaînes d’approvisionnement, de l’adoption accélérée de technologies numériques comme l’intelligence artificielle (IA) et de la diversification des marchés. Dans ce contexte, le Groupe de la Banque mondiale a continué d’œuvrer aux côtés des pays pour créer les conditions propices au progrès, aux opportunités et à la résilience, en misant sur un levier puissant : l’emploi. Cette année a été placée sous le signe de la création d’emplois : pour la première fois depuis sa création, notre institution en a fait un enjeu central de tous ses efforts en faveur du développement et un objectif explicite de chacun de ses projets. L’emploi n’est pas seulement le moyen le plus sûr de sortir de la pauvreté, il rime avec dignité, espoir et stabilité. C’est une pierre angulaire pour parvenir à l’autosuffisance économique, réduire les besoins humanitaires et stimuler la demande de biens, autant d’éléments qui favorisent un développement à la fois durable et prospère. Nous vivons l’un des plus grands changements démographiques de l’histoire. Dans la décennie qui vient, 1,2 milliard de jeunes dans les pays en développement atteindront l’âge de travailler, et la gestion de ce boom de la population active façonnera le siècle prochain. Créer suffisamment d’emplois pour tous ces jeunes est crucial, car c’est la clé pour générer un dividende démographique qui pourra agir comme un catalyseur sur l’économie mondiale. A contrario, le manque d’opportunités pourrait alimenter l’instabilité, les troubles et les migrations massives, avec des répercussions sur toutes les régions et toutes les économies du monde. « Notre objectif fondamental est d’aider les pays à créer un secteur privé dynamique qui transforme la croissance en emplois locaux non pas en délocalisant le travail hors des pays développés, mais en ouvrant des débouchés pour les populations là où elles vivent déjà », a expliqué le président du Groupe de la Banque mondiale Ajay Banga dans une tribune publiée cette année. L’emploi devrait être au centre de toute stratégie économique et de développement. Notre approche cible les secteurs à fort potentiel de création d’emplois et les plus à même de contribuer au développement d’économies locales dynamiques, à savoir : les infrastructures et l’énergie, l’agroalimentaire, les soins de santé, le tourisme et l’industrie manufacturière. Nous avons déjà lancé des initiatives stratégiques avec des partenaires dans ces domaines clés. Ces efforts ne sont pas cloisonnés, ce sont des éléments de notre vision qui se renforcent mutuellement.
K. Bensalem

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