n 2028, la berline compacte Peugeot 308 passera la main à une quatrième génération. Nouvelle plateforme technique optimisée pour l’électrique avec l’architecture 800 V, volant carré et version GTI seront de la partie. Mais sera-telle toujours fabriquée en France ? Les temps sont durs pour les berlines compactes, segment qui pourtant, depuis l’avènement de la Golf dans les années 1980, fut le socle du marché automobile européen. Chez Ford, la Focus n’a pas survécu. Tandis que par un drôle d’imbroglio, la Renault Mégane s’est retrouvée contrainte et forcée de passer dans le camp des SUV urbains sur prise pour épauler la Zoé. Heureusement tous les constructeurs automobiles généralistes n’ont pas jeté l’éponge. Peugeot et Opel en témoignent. Opel vient d’officialiser qu’une sixième génération d’Astra était dans les cartons et que cette dernière sera toujours produite en Allemagne dans l’usine historique de Rüsselsheim, le fief de la marque au Blitz, situé dans la banlieue Francfort. Opel envoie un signal fort et n’a pas cédé à la tentation de produire dans des pays européens où la main d’œuvre serait moins onéreuse. De son côté, la future Peugeot 308 sera à l’instar de l’actuelle toujours produite en France sur le site de Mulhouse en Alsace qui à partir de 2029 assemblera trois modèles de la marque au lion, électriques et hybrides reposant sur la plateforme STLA One. Opel vient tout juste de l’annoncer, la prochaine mouture de l’Opel Astra profitera d’une nouvelle base technique baptisée STLA One présentée lors du plan stratégique Fastlane 2030 de Stellantis. Un châssis qui profitera également à la cousine Peugeot 308 de quatrième génération. Cette plateforme technique dont le but premier sera de couvrir un large spectre – en clair, de la citadine à la familiale en passant par le SUV et le monospace sera étrennée en 2027 par la troisième génération de la Peugeot 208. Jusqu’alors, les citadines polyvalentes du segment B (Peugeot 208 et Opel Corsa) reposaient sur une plateforme baptisée CMP tandis qu’à l’étage audessus, les berlines compactes (Peugeot 308 et Opel Astra) bénéficiaient de la base EMP2. Pour autant, le groupe Stellantis n’étant pas magicien, l’ensemble des projets ne repart pas d’une feuille blanche, d’autant que cette stratégie n’est pas inédite. Souvenez-vous de la plateforme MQB du groupe Volkswagen servant aussi bien de colonne vertébrale à une Golf 7 longue de 4,25 m qu’à l’imposant SUV Atlas conçu pour le marché Nord-Américain d’un format de 5,03 m. La nouveauté, c’est qu’avec la STLA One, Stellantis peut descendre un cran plus bas – chez VW, la base MQB ne peut pas servir à la Polo – et ratisser sur l’ensemble des gabarits appréciés en Europe et même au-delà. Bien évidemment, la future Peugeot 308 mettra l’accent sur l’électrique en creusant le sillon de l’actuelle qui a ouvert la voie. Officiellement, Stellantis évoque une plateforme STLA One compatible avec le 800 volts, permettant des temps de charge très compétitifs. Une architecture pas forcément pertinente sur la future Peugeot E-208. En revanche, elle devrait faire davantage sens sur la Peugeot E-308 d’autant qu’à l’instar de l’actuelle mouture née en 2021, sa remplaçante promise pour 2028 ciblera toujours en partie les rivales premium (Audi A3, BMW Série 1 et Mercedes Classe A) dont les prochaines itérations adopterons ce standard. Par ailleurs, la future Peugeot E-308 bénéficiera aussi de la technologie cell-to-body, c’est-à-dire de l’intégration de la batterie dans la structure du véhicule afin de réduire les coûts, poids et complexité, tout en optimisant l’énergie embarquée. De quoi envisager une plus grande autonomie. Pour mémoire l’actuelle Peugeot E-308 animée par un électromoteur de 156 ch alimenté par une batterie d’une capacité de 54 kWh bruts (valeur faible par rapport à la concurrence) parcours jusqu’à 373 km selon nos mesures. Depuis le concept car Inception présenté au CES de Las Vegas en janvier 2023, la marque au lion brandi tel un étendard son singulier volant carré baptisé hypersquare. Une technologie dite “by-wire”, sans liaison mécanique avec les roues, promesses de sensations que nous avons pu d’ores et déjà tester à bord d’un prototype. S’il est logique que la future Peugeot E-208 l’étrenne l’an prochain d’autant que la première mouture du modèle inaugura l’architecture i-Cockpit en 2012 – il est naturel que la grande sœur 308 en profite à son tour en 2028.

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