TRUMP ARRIVE EN CHINE POUR UN SOMMET AVEC XI JINPING AUX LOURDS ENJEUX

La

Turquie

et

l’Arménie

reprennent

leurs relations commer-

ciales directes via un pays

tiers, dans le cadre du rap-

prochement entre les deux

pays, entamé en 2022, a

annoncé

mercredi

le

ministère

turc

des

Affaires étrangères. Les

échanges peuvent repren-

dre depuis lundi 11 mai, a

indiqué dans un commu-

niqué le porte-parole du

ministère, Öncü Keçeli,

qui a précisé que “l’ori-

gine et la destination

finale” des marchandises

pourront désormais être

mentionnées comme étant

la Turquie et l’Arménie,

même si les échanges

continueront de transiter

par un pays tiers faute de

poste-frontière fonction-

nel. Dans les faits, les

échanges entre les deux

pays sont déjà une réalité

de part et d’autres via la

Georgie

notamment.

“Dans le cadre du proces-

sus de normalisation avec

l’Arménie,

en

cours

depuis 2022, et dans le

cadre des mesures de

confiance prises, les pré-

paratifs

administratifs

pour

le

lancement

d’échanges commerciaux

directs entre notre pays et

l’Arménie ont été achevés

depuis le 11 mai 2026”, a

annoncé M. Keçeli. “Les

travaux

techniques

et

administratifs nécessaires

à l’ouverture de la fron-

tière commune entre les

deux pays sont toujours

en cours”, a-t-il rappelé.

Cette annonce constitue

un nouveau pas sur la

voie de la normalisation

entre Ankara et Erevan

entamée après la défaite

de l’Arménie face aux

Azerbaïdjanais au Haut-

Karabakh. Les deux capi-

tales n’ont pas encore éta-

bli de relations diplomati-

ques et leur frontière ter-

restre, brièvement ouverte

au début des années 1990,

reste

fermée.

Mais,

“compte tenu de l’oppor-

tunité

historique

de

consolider une paix et une

prospérité durables dans

le Caucase du Sud, la

Turquie continuera de

contribuer au développe-

ment des relations écono-

miques et à la poursuite

de la coopération dans la

région, pour le bénéfice

de tous les pays et peu-

ples de la région”, a

affirmé le porte-parole.

onald Trump est arrivé mer-

credi en Chine pour un sommet

avec son homologue Xi Jinping

aux lourds enjeux mondiaux, du com-

merce international à la guerre en Iran

en passant par Taïwan. Accompagné de

son fils Eric et de Lara, l’épouse de ce

dernier, le président américain, suivi du

secrétaire d’Etat Marco Rubio et du

ministre de la Défense Pete Hegseth, a

été accueilli à sa descente d’avion à l’aé-

roport international Pékin Capitale au

son d’une fanfare militaire par des ran-

gées de jeunes en blanc agitant des dra-

peaux chinois et américains et scandant

“bienvenue, chaleureuse bienvenue !”,

ont constaté des journalistes de l’AFP. Il

a été salué par le vice-président Han

Zheng. Il s’agit de la première visite

d’un président américain depuis celle

que M. Trump lui-même a effectuée en

novembre 2017. M. Xi le recevra en

grande pompe jeudi à 10H00 heure

locale (02H00 GMT) au Palais du

Peuple sur la place Tianamen, haut lieu

du pouvoir au coeur de la capitale, pla-

cée sous haute protection. Le faste de

l’accueil et les marques d’attention

témoignées envers un invité qui a

reporté ce voyage initialement prévu

pour fin mars à cause de la guerre en

Iran ne feront pas disparaître les multi-

ples désaccords qui attendent les deux

présidents pendant leurs discussions à

huis clos. Donald Trump, apparemment

concentré sur le business, a emmené

avec lui un certain nombre de chefs

d’entreprise, dont Elon Musk, le patron

de Tesla et de SpaceX et l’homme le

plus riche de la planète, les patrons

d’Apple et Boeing Tim Cook et Kelly

Ortberg, et celui du géant américain des

puces électroniques Nvidia, Jensen

Huang. En route vers la Chine,

M.Trump a écrit sur son réseau Truth

Social qu’il presserait M. Xi, un “diri-

geant hors pair, d’ouvrir la Chine afin

que ces personnes brillantes puissent

opérer leur magie”.

En haut de la liste de voeux améri-

caine figure l’annonce d’accords dans

des domaines comme l’agriculture et

peut-être la confirmation d’une com-

mande massive d’appareils auprès de

Boeing.

Le

président

américain

Donald Trump (c) accompagné par le

vice-président chinois Han Zheng (d)

passe en revue la garde d’honneur à

son arrivée à l’aéroport international

de Pékin, le 13 mai 2026 “La Chine

salue la visite d’Etat du président

Trump”, a déclaré un porte-parole du

ministère chinois des Affaires étrangè-

res, Guo Jiakun. Et elle est prête à

“élargir la coopération et gérer les dif-

férends”. M. Guo a répété le mantra de

Pékin à l’approche du sommet : la

recherche de “plus de stabilité et de

certitude dans un monde en proie aux

changements et aux turbulences”.

MM. Trump et Xi devraient ainsi cher-

cher à prolonger la trêve conclue en

octobre dans la guerre des droits de

douane. Mais les autres points de fric-

tion abondent : restrictions sur les

approvisionnements en terres rares ou

en semi-conducteurs, intelligence arti-

ficielle et propriété intellectuelle,

Taïwan. La guerre avec l’Iran s’y est

ajoutée fin février avec ses retombées

mondiales. Selon le gouvernement

américain, Donald Trump entend faire

pression pour que la Chine, un parte-

naire stratégique et économique pri-

mordial de l’Iran – elle est le principal

pays importateur de son pétrole -, use

de son influence pour une sortie de

crise dans le Golfe. “Nous aurons une

longue conversation à propos de

l’Iran”, a dit le président américain

aux journalistes qui assistaient à son

départ de la Maison Blanche, tout en

assurant qu’il n’avait besoin de l’aide

de personne à ce propos. La quasi-fer-

meture du détroit d’Ormuz sous l’effet

des blocus iranien et américain

impacte directement la Chine. La

veille de l’arrivée de M. Trump, le

ministre chinois des Affaires étrangè-

res Wang Yi a appelé le Pakistan à

“intensifier” ses efforts de médiation

entre Téhéran et Washington, selon

ses services.

Etats-Unis et Chine sont engagés

depuis des années dans une compétition

acharnée, stratégique, technologique et

économique, entre eux. Derrière les

politesses, “sur le plan tactique”, le

sommet donnera lieu à “un match de

rugby au cours duquel chaque partie

voudra prendre l’avantage”, prédit

Melanie Hart, une spécialiste de la

Chine à l’Atlantic Council. Les deux

superpuissances se sont livré en 2025

une farouche guerre commerciale aux

répercussions planétaires, à coups de

droits de douane exorbitants et de res-

trictions multiples, dès après le retour de

Donald Trump à la Maison Blanche. Le

sommet survient à un moment difficile

sur le plan intérieur de part et d’autre.

M. Trump fait face à des sondages catas-

trophiques et à une accélération de l’in-

flation nourrie par la guerre contre

l’Iran. L’économie chinoise est quant à

elle confrontée à un ralentissement de sa

croissance ces dernières années, à une

faible consommation intérieure et à une

crise de la dette persistante dans l’im-

mobilier. Les experts estiment que Xi

Jinping aborde le sommet en relative

position de force face à un Donald

Trump empêtré au Moyen-Orient et sou-

mis à la pression grandissante des élec-

tions américaines de mi-mandat en

novembre. Mais le président chinois n’a

pas intérêt à ce que la situation dans le

Golfe dure trop longtemps, nuancent-ils.

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