Ouvrir un lien reçu sur WhatsApp sans passer par Safari : la messagerie prépare son propre navigateur sur iPhone. Chez Meta, l’idée traîne un passé encombrant, et une promesse à tenir. Une version de test de WhatsApp pour iPhone, repérée le 19 octobre, embarque un navigateur intégré capable d’ouvrir tous les liens partagés dans les discussions. La fonction existe depuis l’an dernier pour certains liens d’entreprises ; elle s’étendrait désormais à l’ensemble des conversations. De quoi éviter le détour par Safari ou le navigateur par défaut de votre iPhone. Le chantier se cache dans la bêta 26.41.10.72, distribuée via TestFlight. Un réglage dédié apparaît dans les paramètres des discussions, pour activer ou couper le navigateur intégré à tout moment. À la première utilisation, un écran détaille le fonctionnement de l’outil. Les pages s’ouvrent ensuite directement dans WhatsApp, sans bascule vers une autre application. L’approche rappelle celle d’Instagram ou de X, qui gardent déjà les liens entre leurs murs. Depuis iOS 14, chacun peut remplacer Safari par Chrome ou Firefox comme navigateur par défaut de son iPhone. Les applications gardent toutefois la main sur leurs propres liens, une latitude dont les réseaux sociaux usent massivement. La navigation s’effectue dans une session isolée du reste de la messagerie, assortie d’une commande pour effacer cookies, cache et données en un geste. Un menu permet aussi de renvoyer la page vers le navigateur habituel. L’application, chiffrée de bout en bout, assure ne voir ni les liens partagés dans les conversations, ni ceux que vous ouvrez. Aucune date de déploiement n’accompagne la découverte, et la fonction reste pour l’heure inaccessible, même aux testeurs. Elle prolonge un premier essai lancé en mai 2025 avec la bêta 25.14.10.72, limité aux liens de comptes professionnels et aux adresses sécurisées en HTTPS. En août 2022, le développeur Felix Krause démontrait qu’Instagram et Facebook sur iOS injectaient du code JavaScript dans les pages consultées via leur navigateur intégré. De quoi suivre, en théorie, chaque pression sur l’écran et chaque texte saisi, coordonnées bancaires comprises. Son outil en ligne, inappbrowser.com, permettait à chacun de mesurer l’ampleur du dispositif. La démonstration prouvait une capacité de collecte, sans établir qu’elle était exploitée. Meta avait alors justifié ce script maison par le respect du dispositif anti-pistage d’Apple. L’affaire a durablement entamé la confiance dans les navigateurs intégrés, conçus d’abord pour retenir l’utilisateur dans l’application. Chaque minute gagnée en vaut une de plus pour la publicité, premier revenu de Meta. Les garde-fous mis en avant par WhatsApp répondent point par point à cet épisode : session cloisonnée là où Instagram injectait son code, effacement des traces là où rien n’était prévu. La promesse de ne rien voir devra toutefois se vérifier une fois l’outil entre toutes les mains : le script de 2022 était lui aussi passé inaperçu, jusqu’au regard d’un développeur extérieur. Évidemment, aucune application n’est reliée par défaut. L’activation se fait manuellement via les paramètres de Gemini, et l’option peut être désactivée à tout moment. Sans cette autorisation, les commandes classiques de la voiture continuent de fonctionner normalement, mais sans personnalisation des réponses. Le déploiement commence dès aujourd’hui sur Android Auto et dans les mois à venir pour les véhicules avec Google directement intégré au tableau de bord. La fonction se destine uniquement aux comptes personnels des utilisateurs âgés de 18 ans et plus. Les comptes professionnels ou éducatifs Workspace ne sont pas concernés. Comme beaucoup de fonctionnalités IA, l’Europe n’est pour l’instant pas concernée, tout comme la Suisse, le Nigeria et le Royaume-Uni.

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