haque année, des dizaines de voitures électriques promettent des autonomies toujours plus impressionnantes sur le papier. Mais entre une fiche technique et la réalité d’un trajet sur route ouverte, l’écart peut parfois être considérable. C’est précisément ce que cherche à mesurer l’El Prix norvégien, devenu au fil des ans l’une des références mondiales en matière d’autonomie réelle. Et l’édition 2026 vient de réserver quelques surprises. Si BMW s’est offert la plus longue distance jamais parcourue cette année, un constructeur chinois a peut-être signé la performance la plus impressionnante du test. Pendant longtemps, la question de l’autonomie a constitué le principal frein à l’adoption des voitures électriques. Aujourd’hui, la problématique évolue. Les constructeurs annoncent régulièrement plus de 500, 600 voire 700 kilomètres d’autonomie WLTP. L’édition estivale 2026 a réuni 24 modèles électriques récents, tous chargés à 100 % puis lancés sur un même itinéraire le 3 juin dernier. Les conditions étaient particulièrement favorables, avec des températures comprises entre 12 et 18 °C, des chaussées sèches et un parcours mêlant circulation urbaine, routes secondaires, autoroutes et portions montagneuses. Contrairement aux essais réalisés sur banc ou dans des conditions parfaitement contrôlées, ici les véhicules roulent dans un trafic réel. Tous évoluent aux mêmes vitesses et dans les mêmes conditions jusqu’à ce que la batterie ne soit plus en mesure de fournir une puissance suffisante pour maintenir les limitations en vigueur. Le grand vainqueur de cette édition est le nouveau BMW iX3 50 xDrive.Le SUV allemand est parvenu à parcourir 781 kilomètres avec une seule charge avant de s’immobiliser. Une performance remarquable qui lui permet non seulement de prendre la première place du classement mais aussi de dépasser légèrement son autonomie WLTP officielle annoncée à 770 kilomètres. En réalité ce chiffre ne nous surprend pas vraiment puisque sur note base d’essai de Montlhéry, le nouveau BMW iX3 ne nous a pas déçus. Pour mesurer l’importance du résultat, il suffit de rappeler qu’une telle distance permet théoriquement de relier Paris à Bordeaux aisément ou encore Paris à Munich sans recharge intermédiaire. La Lucid Gravity, que beaucoup considéraient comme la favorite naturelle du test, a finalement dû s’incliner avec 720 kilomètres parcourus, soit 61 kilomètres de moins que la BMW. Cette performance s’explique en partie par la batterie particulièrement généreuse du modèle allemand, dont la capacité atteint 108,7 kWh. Mais elle montre également les progrès réalisés par la nouvelle génération de chaînes de traction électriques, notamment en matière de rendement énergétique. Les organisateurs soulignent toutefois que plusieurs longues descentes présentes sur le parcours ont favorisé certains véhicules. À plusieurs reprises, le système de récupération d’énergie du BMW iX3 a même permis de regagner plusieurs kilomètres d’autonomie affichée au tableau de bord. Pour autant, l’objectif historique de l’El Prix n’est pas uniquement de désigner la voiture qui roule le plus loin. L’exercice vise surtout à mesurer l’écart entre l’autonomie promise par les constructeurs et celle réellement obtenue sur route. Et sur ce terrain, le grand gagnant s’appelle XPeng. Le X9, un grand monospace électrique chinois à sept places, a parcouru 646 kilomètres alors que son homologation WLTP annonce 580 kilomètres. Le résultat représente une surperformance de 11,4 %, soit le meilleur écart positif enregistré parmi les 24 participants. Selon les conducteurs présents lors du test, le X9 a continué à évoluer de manière quasiment normale même lorsque l’indicateur affichait 0 % de batterie restante, seule l’accélération devenant légèrement moins vigoureuse. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que XPeng se distingue dans cet exercice. Déjà en 2023, le SUV G9 avait dépassé son autonomie WLTP de 13 % lors d’une précédente édition estivale. À l’autre bout du spectre, un autre modèle chinois se distingue mais pour de moins bonnes raisons. Au?delà de ces cas extrêmes, l’édition 2026 d’El Prix confirme que la plupart des nouveaux modèles électriques sont désormais assez fidèles à leurs promesses. La grande majorité des 24 participants se situent dans une marge de ±5% autour de leur valeur WLTP. Cette convergence marque une nette amélioration par rapport aux premières années de l’électrique, où les écarts pouvaient être beaucoup plus importants, dans un sens comme dans l’autre. Toyota illustre bien cette normalisation d’une certaine façon. Le bZ4X, très critiqué à son lancement pour ses autonomies décevantes en conditions difficiles, signe ici une performance chirurgicale : 506 km mesurés, pour 506 km annoncés. Les conducteurs ont toutefois noté que l’indicateur de batterie affichait déjà 0 % environ 18 kilomètres avant l’arrêt réel du véhicule. Du côté des bonnes surprises, la Kia EV2 s’est distinguée malgré son positionnement d’entrée de gamme.

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