CETTE GROSSE COMPACTE ÉLECTRIQUE À MOINS DE 20 000 Û EST PEUT-ÊTRE LE TUBE DE L’ÉTÉ !

arallèlement à la MG4 apparue en 2022, MG lâche sur nos routes une deuxième compacte avec cette MG4 Urban. Encore une chinoise aux dents longues, destinée à assommer à peu près toute la concurrence par ses tarifs ? Renault Mégane E-Tech et autres Peugeot E-308 ont du souci à se faire, la promesse est désarmante : une compacte électrique à l’équipement archicomplet, vaste et dotée d’une autonomie correcte, au prix d’une citadine d’entrée de gamme ! Attention, la MG4 Urban ne remplace pas la MG4 classique, mais vise à élargir vers l’offre MG vers le bas avec une nouvelle électrique à prix serré. Carton commercial en vue ? MG est un cas particulier dans la jungle des constructeurs chinois récemment débarqués en Europe. Loin de susciter la même défiance que ses compatriotes, la marque remise à flot par le groupe SAIC (sous contrôle de l’Etat chinois, pour mémoire) profite encore un peu de son lointain passé britannique. Il faut le dire vite, évidemment. Qu’importe, MG peut se féliciter d’être le constructeur chinois préféré du public européen, se plaçant en 16ème place des ventes sur notre continent l’an passé (plus de 300 000 voitures vendues). La compacte MG4, lancée en 2022, y est pour beaucoup. Imbattable sur le plan du rapport prix/prestations, celle-ci devra désormais cohabiter avec… cette autre MG4, improprement baptisée “Urban”, aux tarifs encore plus agressifs. Voilà une étonnante stratégie. Disons le tout net, cette Urban se présente comme l’exact inverse de son homonyme. La simple MG4 a de quoi étonner, voire déranger, par son look anguleux plutôt original. Rien de tout cela sur la planche à dessin des auteurs de la MG4 Urban ! Hormis le bandeau lumineux qui barre le hayon et les feux arrière (évoquant une partie du drapeau britannique Union Jack à la façon de Mini, il faut le deviner), nous avons affaire au degré zéro de la fantaisie. L’objectif était visiblement de se fondre dans le paysage… de manière aérodynamique si possible. C’est réussi, MG annonce 0.26 de Cx. Mètre en main en revanche, surprise : ses proportions en imposent. Longue de 4,40 m, la MG4 Urban toise sa cousine MG4 de 11 cm et compte parmi les gros gabarits du segment. Une Renault Mégane E-Tech pointe à 4,21 m et une Volkswagen ID.3 à 4,26 m. On ne poussera pas non plus de grands cris de joie en passant à bord. A l’avant, le mobilier verse dans le classique. La planche de bord à l’horizontale, flanquée d’un écran central (12,8’’) et d’une dalle plus petite (7’’, minimaliste mais parfaitement lisible) face au conducteur, présente bien à première vue. La réalisation est même soignée, presque chic à en juger par les matériaux souples de la partie centrale et les inserts façon alu (que l’on retrouve sur les aérateurs). On remarque toutefois rapidement que l’économie a bien fait partie du cahier des charges de sa conception. Les ajustages paraissent solides mais pas toujours rigoureux, et beaucoup de plastiques durs et brillants fleurissent dans l’habitacle. Compte tenu de ses cotes généreuses, la MG4 Urban promettait beaucoup sur le plan pratique. Nous sommes servis : le volume intérieur est gigantesque, équivalent d’un SUV de dimensions bien supérieures. Même avec un colosse à la place du conducteur, deux adultes sont royalement reçus à l’arrière (l’empattement est étiré de 4 cm par rapport à la MG4, à 2,75 m). La place centrale souffre comme souvent d’un dossier raide, mais s’avère praticable grâce au plancher plat. Enfin, la conception type “cell-to-body” (la batterie fait partie de la structure des soubassements, peu courant sur ce segment) permet de grappiller un peu d’espace à bord, et la ligne de toit presque rectiligne libère une garde au toit appréciable pour les plus grands. Voilà donc les bénéfices directs, pragmatiques, de son look “ingrat” et de ses mensurations ! Côté rangements, pas très vastes mais nombreux, c’est du classique : un bac dans chaque porte, un compartiment fermé sous l’accoudoir, un espace sous l’arche centrale en suspension et au pied de la planche de bord. Le coffre est du même registre. A l’arrière, la hauteur généreuse sous le pavillon a permis de ne pas implanter l’assise trop bas, ce qui est souvent le cas en 100 % électrique lorsqu’une batterie est logée sous le plancher. La banquette offre donc une posture agréable, avec un bon maintien au niveau du dossier (légèrement creusé) même si certains le trouveront un peu trop incliné. Rien de désagréable. Pas d’accoudoir central en revanche, il a bien fallu consentir à quelques économies. Les occupants avant sont bien reçus également, même si à la longue, le manque de maintien et la fermeté de l’assise peuvent fatiguer. En outre, l’appui lombaire n’est pas réglable. Notons que les sièges chauffants sont présents de série, mais que les réglages électriques sont réservés à la finition haute Premium (et côté conducteur uniquement). L’interface média, présente de série, regroupe l’essentiel des paramètres de vie à bord, de divertissement ou de conduite sur l’écran central de 12,8’’. Sa configuration est plutôt classique : une page d’accueil regroupe les principaux menus, et les icônes des fonctions les plus fréquemment utilisées (navigation, modes de conduite) restent affichées en continu en partie basse. Facile, mais les multiples sous-menus imposent parfois de faire défiler de longues listes de fonctions avant de trouver le réglage désiré. On s’habitue, comme souvent, à ces overdoses numériques. Mais le système souffle le chaud et le froid : on apprécie la résolution de l’écran, moins la lenteur et le manque de fluidité de certaines touches. L’habitacle de la MG4 Urban s’apprivoise vite, pourtant. MG a eu la bonne idée de conserver de vrais boutons de raccourcis sous l’écran, destinés à la climatisation et au volume du système audio (sans prétention, de qualité basique). Les deux motorisations disponibles, fortes de 149 ch avec batterie de 43 kWh ou 160 ch en 54 kWh (l’écart de puissance est dû à la différence de voltage entre les deux batteries), revendiquent des prestations très proches et ne manquent pas de ressources. Suffisamment en tout cas pour délivrer des chronos corrects : 9,5 s de 0 à 100 km/h en 160 ch, notre version d’essai, et un petit dixième de plus pour la plus modeste. L’auto n’est pas spécialement lourde (respectivement 1 460 kg et 1 520 kg selon la batterie) et le couple plutôt modeste de 250 Nm, identique pour les deux versions, garantit des relances sereines en dépassement. Sans surprise, la MG4 Urban fait preuve d’une douceur de marche semblable à ses congénères électriques. Le freinage régénératif se révèle pour sa part facile à doser et progressif sauf en mode One Pedal, trop brusque, et il est possible d’assigner l’un des deux boutons en forme d’étoile sur le volant pour le paramétrer. Aucun indice flagrant d’une conception à l’économie n’apparaît au volant de cette MG4 Urban, du moins lors des premiers kilomètres. Mais n’espérez pas retrouver le tempérament de sympathique propulsion de la MG4 classique. Comme évoqué plus tôt, la nouvelle venue fait appel à une architecture “tout à l’avant” et des liaisons au sol plus simples (train avant type McPherson mais essieu arrière à barre de torsion). Sans être pataud à proprement parler, le châssis préfère une neutralité de traction bon teint. Les pertes de motricité, roues braquées, sont davantage à mettre au compte des pneumatiques (des Maxxis au grip moyen, en 205/50 R17 sur cette finition Premium) que du train avant, pas dépassé par le couple modeste. Les deux batteries proposées (type LFP) ne prétendent pas offrir d’autonomie record mais autorisent une polyvalence tout de même intéressante : celle de 43 kWh promet ainsi 325 km, quand notre modèle (Premium 54 kWh) atteint théoriquement 405 km de portée en cycle mixte (416 km en Confort, dotée de jantes de 16’’). Atteindre ces chiffres demandera une certaine retenue du pied droit et de ne pas s’éterniser sur voie rapide. Comme toujours en électrique, la consommation y grimpe. A l’ordinateur de bord, nous avons relevé 18,5 kWh/100 km à 120 km/h de vitesse de croisière, soit au mieux 250 km de rayon d’action sur autoroute, entre deux charges 10-80%. Sur route secondaire ou en ville, la MG4 Urban révèle en revanche une bonne surprise : sobre, sa consommation moyenne ne dépasse pas les 15 kWh/100 km (sans autoroute donc) et permet de parcourir environ 350 km sur une charge. En principe, personne ne se dévissera le cou sur son passage, ni ne se répandra en louanges sur ses prestations routières parfaitement neutres. Pourtant, MG tient sans doute son tube de l’été (au succès potentiellement durable !) avec cette compacte désarmante de pragmatisme et sans lacune sérieuse. Du moins, aucune fausse note que ses tarifs imbattables ne peuvent expliquer. Habitabilité record, équipement archi-complet et sobriété font de la MG4 Urban l’une des compactes les plus rationnelles du moment. MG serait-il en passe de devenir le Dacia de l’électrique, dans l’esprit ? C’est un compliment.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*