es marchés boursiers européens évoluent en recul mardi, pâtissant des hostilités au Moyen-Orient et de la hausse des prix du pétrole, avant la très attendue publication de l’inflation américaine pour le mois de juin. Sur le Vieux continent, à la mi-séance vers 0,44%, Milan 0,44% et Londres 0,39%. “Les tensions au Moyen-Orient s’intensifient”, et “cela se répercute sur les marchés”, résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Le prix du baril de pétrole Brent est remonté mardi à 85 dollars pour la première fois depuis plus d’un mois après une nouvelle salve de frappes américaines contre l’Iran, au lendemain d’une envolée spectaculaire de plus de 9%. Vers 10H10 GMT, il gagnait encore 3,70% à 86,38 dollars. Son équivalent nord américain, le WTI, grimpait lui de 2,60% à 80,17 dollars. Les deux pays poursuivent leurs attaques mutuelles dans la région. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mener “une troisième nuit consécutive de frappes”, avant un rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens. Les Emirats arabes unis ont eux fait état mardi d’attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers dans le détroit d’Ormuz, tuant un membre d’équipage. Des explosions ont été entendues à Bahreïn. Au coeur des tensions: le détroit d’Ormuz, sur lequel Téhéran veut imposer un péage, tout comme Donald Trump, qui compte percevoir en échange de sa “protection” une rémunération “correspondant à 20% de la valeur des cargaisons”, contraire au droit international. Dans ce contexte tendu, les craintes d’inflation sont de retour sur les marchés, ce qui pousse les taux d’intérêt de la dette des Etats. En Europe vers 11h00 GMT, le rendement de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, se hissait ainsi à 3,13%, contre 3,10% la veille en clôture. Son équivalent français atteignait 3,91%, contre 3,88%. Hors zone euro, le taux d’intérêt britannique à dix ans prenait 0,05 point de pourcentage par rapport à lundi soir, à 5,02%. Les investisseurs scruteront la publication de l’indice d’inflation CPI aux Etats-Unis pour le mois de juin, à 12H30 GMT. En mai, l’indice des prix avait grimpé à 4,2%, en raison justement de la hausse des prix du pétrole provoquée par le conflit au Moyen-Orient. Si la Réserve fédérale américaine (Fed) n’a pas relevé ses taux directeurs, lors de sa dernière réunion, son nouveau président Kevin Warsh s’est montré plus offensif que prévu face à cette montée de l’inflation. Ce dernier doit d’ailleurs être auditionné devant le comité bancaire de la Chambre des représentants mardi. Dans ce contexte, le dollar restait stable (-0,06%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1388 dollar pour un euro. Dans ce contexte, les contrats à terme sur Wall Street laissaient présager une ouverture prudente. Après un coup de froid la veille, avec de nets reculs, le stratégique secteur des semi-conducteurs rebondit en Asie, où il pèse lourd. La Bourse de Séoul a ainsi grimpé de 0,73%, porté par SK hynix, qui a repris 3,69% après avoir chuté de 15% la veille, et Samsung Electronics (+3,34%). Tokyo a gagné 0,74%, grâce notamment au rebond d’Advantest (+3,31%). En Europe, à Paris, Soitec prenait 3,82% et STMicroelectronics +0,96%. A Amsterdam, ASML grappillait 0,06%. Infineon prenait 0,23% à Francfort. Les semi-conducteurs sont depuis le début de l’année l’un des principaux moteurs de la croissance des Bourses mondiales, car ce secteur est l’un des premiers bénéficiaires des investissements massifs des géants de la tech dans l’IA. Mais ils font aussi l’objet de doutes réguliers sur la rentabilité future de ces dépenses dans cette technologie et sur le bien-fondé de ces valorisations gigantesques, ce qui provoque des secousses boursières régulières.

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