DIVERSIFICATION ÉCONOMIQUE : LE FMI MET EN AVANT LES PROGRÈS RÉALISÉS PAR L’ALGÉRIE

L’Algérie progresse dans la diversification de son économie hors pétrole et gaz. C’est qu’ont relevé, Haris Tsangarides, Chef de mission du FMI pour l’Algérie et chef de division au département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international (FMI), François Painchaud, économiste principal, et Véronique Salins, économiste, dans un « focus -pays », intitulé « Créer les conditions propices à une diversification durable en Algérie », publié sur le site web, l’institution financière internationale.

Les trois responsables du FMI ont souligné que « la stratégie économique des autorités repose sur de grands projets d’investissement ainsi que sur la production et les exportations hors hydrocarbures ». Ces projets, ont-ils expliqué, « couvrent notamment le secteur minier, la sécurité alimentaire et hydrique, ainsi qu’une modernisation grande échelle des infrastructures de transport et d’échanges commerciaux ». Ils ont constaté que « pour en faciliter la mise en œuvre, les autorités ont simplifié les procédures, renforcé la gouvernance et facilité les échanges commerciaux, notamment grâce de récentes réformes dans les domaines de l’investissement, du foncier et du secteur minier, ainsi qu’à la mise en place d’un guichet unique numérique pour l’investissement, afin d’aider les entreprises à investir, à se développer et à gagner en compétitivité ». Des signes encourageants montrent que ces efforts commencent à porter leurs fruits. La part du secteur hors hydrocarbures dans le PIB réel et dans les exportations de biens a augmenté progressivement, et les recettes d’exportation hors hydrocarbures ont progressé au cours de la dernière décennie. « L’Algérie a réalisé des progrès encourageants en vue de diversifier son économie. Ses ressources naturelles, ses investissements, ses réformes et ses liens avec les marchés africains et européens constituent des atouts importants sur lesquels s’appuyer », liton dans le « focus-pays ». L’enjeu, estime-t-on, « est maintenant de transformer les investissements et les réformes d’aujourd’hui en gains durables en matière d’emploi, de productivité et d’exportations, en libérant le potentiel d’un secteur privé plus dynamique et en bâtissant une économie plus résiliente ». Selon les trois responsables du FMI, les grands projets peuvent accroître les capacités productives, améliorer la connectivité et créer de nouvelles opportunités. Ils nécessitent aussi des financements importants. Ces dernières années, la hausse des investissements a contribué à l’augmentation de la demande d’importations et accentué les pressions budgétaires et extérieures. Afin de tirer le meilleur parti de ces projets, une planification, une hiérarchisation et une mise en œuvre rigoureuses seront nécessaires. Le choix des projets revêt donc autant d’importance que le montant des dépenses. Orienter les fonds vers les projets les plus porteurs sur le plan économique permettrait d’obtenir des gains plus solides et plus durables, et contribuerait à préserver la capacité de financer les projets prioritaires. La pleine réalisation des bénéfices des investissements réalisés aujourd’hui dépendra de leur capacité à accroître la productivité, à créer des emplois et à favoriser le développement d’un secteur privé plus dynamique. Par ailleurs ils estiment que « l’investissement public peut jeter les bases d’un secteur privé dynamique, dont le rôle est essentiel ». Un secteur privé plus compétitif, ont-ils indiqué, permettrait d’accroître les exportations, y compris dans des activités moins intensives en carbone, et renforcerait la résilience à mesure que la demande mondiale se tourne vers des produits à plus faible intensité carbone. « Afin de gagner en compétitivité, les entreprises algériennes ont besoin d’infrastructures efficaces, d’un accès au financement, de compétences adaptées et d’institutions performantes », estime-t-on. Pour y parvenir, il est indispensable de créer un environnement plus propice aux affaires. Les entreprises investissent plus volontiers lorsque les règles sont prévisibles et que les conditions de concurrence entre les entreprises publiques et privées sont équitables. Améliorer l’accès au financement et aux compétences aiderait les entreprises à se développer, à adopter de nouvelles technologies et à saisir les nouvelles possibilités qui s’offrent à elles. Un soutien continu à l’entrepreneuriat pourrait permettre à davantage de jeunes entreprises de se développer. Maintenir la croissance sur une trajectoire favorable nécessite également de renforcer les finances publiques et les marges de manœuvre extérieures et d’atténuer les pressions financières. Selon les responsables du FMI, l’investissement public peut soutenir la diversification, mais la persistance des déficits budgétaires et des pressions financières pourrait compromettre la pérennité du programme d’investissement. « Un rééquilibrage budgétaire progressif peut y contribuer, s’il s’appuie sur des dépenses plus efficientes et des recettes hors hydrocarbures plus solides. Mené avec prudence, il peut préserver les investissements prioritaires et protéger les ménages vulnérables », suggèrent—ils. Les prix des hydrocarbures fluctuent, et les recettes budgétaires aussi. Des réserves plus importantes et une approche plus prévisible de l’épargne des surcroîts de recettes permettraient de maintenir un niveau stable d’investissement public lorsque les prix des hydrocarbures baissent. La hausse actuelle des recettes tirées des hydrocarbures donne l’occasion de reconstituer ces réserves. « Mises en œuvre conjointement, ces réformes soutiendraient durablement l’investissement et l’activité du secteur privé », souligne-t-on.

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