ESSAI ET MESURES À L’APPUI, QUE VAUT LE MOINS CHER DES CUPRA TERRAMAR?

n style fort, une promesse de dynamisme au volant, et un intérieur soigné, c’est l’engagement de ce SUV Cupra Terramar. S’il n’est pas parfait dans cette variante 1.5 eTSI Hybrid 150 ch, il n’a heureusement pas – trop – oublié en chemin les aspects familiaux. Il y a ceux qui, une fois la famille venue, deviennent extrêmement pragmatiques et, puisque les pratiques monospaces ne sont plus à la mode, jettent l’éponge en basculant vers le SUV. Et puis il y a les autres, ceux qui ne renoncent pas complètement à leurs ambitions de départ voulant qu’une voiture doit les représenter, coller à leur personnalité, et si possible avec un minimum de style. C’est à eux que s’adresse Cupra avec ses modèles au lignes typées, presque italiennes, lesquelles détonnent dans l’univers des SUV aux dessins souvent plus carrés et classiques. Il faudra un œil avisé pour reconnaître ce Terramar vu de l’arrière, car hormis Cupra écrit en lettres cuivré, le nom du modèle n’apparaît pas…et sous cet angle il ressemble furieusement au Formentor. Il faudra un œil avisé pour reconnaître ce Terramar vu de l’arrière, car hormis Cupra écrit en lettres cuivré, le nom du modèle n’apparaît pas…et sous cet angle il ressemble furieusement au Formentor. Rien de tout cela avec le Terramar : des épaules et hanches bien marquées, une hauteur réduite – 1,56 m ici quand le Tiguan qui lui sert de base technique affiche 8 cm de plus – et une signalétique lumineuse forte à base de nombreux triangle, devant comme derrière. Une personnalité que l’on retrouve à bord avec une planche de bord très sculptée, habillée de beaux plastiques souples en partie supérieure, ainsi qu’une console centrale là encore originale puisque comportant, en partie basse, une sorte de crosse martelée des fameux triangles chers à la marque. Autre particularité typiquement Cupra, des touches cuivrées habillent ça et là cet intérieur sinon très noir. Bref, une ambiance personnelle que l’on ne pourra confondre avec une autre. Si côté originalité l’objectif est rempli dehors comme dedans, il y a tout de même quelques conséquences faites au style dans ce Terramar de 4,52 m. La famille n’y sera pas mal accueillie, mais sa hauteur réduite ainsi que les sièges avant, excellents en maintien latéral mais imposants, n’offrent évidemment pas, au deuxième rang, la même sensation d’espace qu’à bord de sa matrice VW Tiguan par exemple. Mètre en main, on ne retrouve d’ailleurs pas l’aisance procurée par l’allemand puisqu’il manque ici 6 cm pour loger ses jambes. Des grands ados pourront tout de même y être à l’aise, mais sans grande marge, au point que l’on doute ici de l’utilité de la banquette coulissante sur 15 cm, sauf à ne mettre personne sur ladite banquette. Heureusement la posture, avec une assise pas trop basse, demeure confortable pour les longs parcours, ce Terramar n’ayant pas oublié toute notion de voyageur. Le coffre avoue lui une contenance correcte de 350 Dm3 mesurée avec nos valises calibrées. On a vu mieux dans la catégorie, mais c’est déjà davantage que les variantes PHEV (hybride rechargeable) 204 et 272 ch (290 Dm3), où la grosse batterie mange une partie de la soute. Dans cet ibérique, les meilleures places sont donc à l’avant, avec les excellents sièges déjà mentionnés et dotés d’amples réglages, ainsi qu’une ergonomie qui n’a pas tout cédé au tactile. Très sculptée, la planche de bord s’habille, comme toujours chez Cupra, de touches cuivrées. Sur le volant, les commandes sensitives ont disparu, remplacées par des touches physiques bien plus pratiques. Très sculptée, la planche de bord s’habille, comme toujours chez Cupra, de touches cuivrées. Sur le volant, les commandes sensitives ont disparu, remplacées par des touches physiques bien plus pratiques. Bravo pour les aides à la conduite que l’on peut couper sans quitter les mains du volant, avec de vraies touches physiques, une sur la branche gauche pour accéder au menu, et avec seulement deux clics sur la molette de la branche droite. Sur le grand écran central tactile de 12,9 pouces, dont les graphismes sont soignés, on peut programmer, dans sa partie haute, des raccourcis pour les fonctions que l’on utilise le plus souvent. Mais on aurait préféré de vraies commandes physiques pour le chauffage/climatisation, et que par exemple le système revienne seul à la navigation (option à 850 Û) quand on modifie un réglage audio ou autre…cela éviterait d’imposer des manœuvres supplémentaires obligeant à quitter la route des yeux. Car au volant, papa peut avoir besoin d’être concentré sur la route, que ce Cupra Terramar apprécie aussi sinueuse. Doté en série d’une direction progressive plutôt directe, ce SUV Cupra n’a pas peur des virages, même serrés. Pas trop assistée (la consistance est encore meilleure en la paramétrant en Sport dans le mode Individual), la direction commande un train avant assez incisif, tandis que l’arrière faisant appel à une technologie multibras ne dédaigne pas se placer gentiment au lever de pied de l’accélérateur afin de limiter un éventuel sous-virage. Un comportement presque agile, assez gratifiant, pas si courant chez les SUV. Dans la même veine, l’amortissement passif (pas d’amortissement piloté DCC PRO en eTSI 150 ch) affiche un bon compromis entre maintien de caisse et confort. Bien sûr, en ville les grosses roues de 19 pouces ne peuvent éviter les trépidations sur les raccords et petits défauts du bitume. Mais la famille ne se plaindra pas d’être trop secouée sur la route. Sur itinéraire sinueux, on regrette juste que la boîte DSG7 soit trop typée éco en D, et surtout qu’elle enclenche le mode roue libre au moindre lever de pied, y compris en descente où on se retrouve sans aucun frein moteur. Passer en « S » supprime cette fonction, mais si le pilotage de cette boîte n’est alors pas caricatural, elle refuse malheureusement de passer la 7ème avant 115 km/h. Dommage car avec 1 635 kg sur la balance, les 150 ch et 250 Nm de couple du 1.5 -turbo à géométrie variable, cycle de combustion Miller et coupure de 2 cylindres en faible charge – ont bien besoin d’être aidés par la boîte. En écrasant l’accélérateur, les reprises sont sûres pour dépasser (7s de 80 à 120 km/h), mais on n’échappe pas toujours à quelques à-coups lors des phases d’embrayage. Signe de cette sollicitation assez forte du 4 cylindres, ses consommations sont juste dans la norme avec 7,8 l/100 km en moyenne. On l’a connu plus sobre ailleurs. Enfin, comme toujours chez le groupe VW, le dosage du freinage s’avère compliqué avec cette pédale spongieuse en début de course, et brutale ensuite. Affiché à 42 500 Û bien équipé, cet élégant Terramar n’a pas beaucoup de concurrent aussi stylé. C’est certainement son meilleur atout pour les familles voulant se distinguer de la masse.

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