EST-CE VRAIMENT UNE BONNE IDÉE ?

 Au Mondial de l’Auto, cet automne à Paris, la marque aux anneaux exposera l’A2 e-tron un monospace 100% électrique héritant de la base technique de la Volkswagen ID.3. Une silhouette atypique qui permet à Audi de faire opportunément le trait d’union avec l’A2 originelle qui fut au catalogue entre 2000 et 2005. Mais cette référence n’est pas la meilleure qui soit, l’Audi A2 reste plutôt un échec qu’un succès. Dans l’industrie automobile, les stratégies industrielles souffrent d’une certaine inertie et même si certains comme Renault par exemple, avec la nouvelle Twingo électrique, se targuent de raccourcir significativement la durée de conception d’un modèle avec à la clé davantage de flexibilité industrielle il y a parfois des trous dans la raquette. Chez Audi justement, les deux modèles d’entrée de gamme, la berline citadine polyvalente A1 Sportback de seconde génération lancée à l’automne 2018 et le petit SUV Audi Q2 datant de 2016 ont tiré leur révérence sans remplacement prévu. La première est sur le point de quitter les lignes de production dans l’usine de Martorell en Espagne pour laisser de la place aux modèles électriques du groupe Volkswagen (Cupra Raval, VW ID.Polo, Skoda Epiq). Le second n’est plus assemblé sur le site industriel d’Ingolstadt en Bavière. Ni l’une ni l’autre ne pouvant se permettre de jouer les prolongations car leurs palettes de motorisations respectives purement thermiques ne sont plus adaptée pour échapper au malus. Al’origine, c’est l’Audi A3 e-tron qui devait prendre la relève en renforçant, dès la fin de l’année 2026, l’offre électrique d’entrée de gamme de la marque aux anneaux en prenant place sous le Q4 e-tron lancé à l’été 2021. Mais cela ne s’est pas passé comme prévu. La plateforme technique SSP bénéficiant d’une technologie dernier cri a subit un retard de développement en raison d’une mise au point plus longue que prévu du logiciel. Aussi, pour occuper le terrain, la marque premium du groupe Volkswagen a sorti de son chapeau une solution alternative sous la forme de l’Audi A2 e-tron dont la silhouette de monospace imposée par la base technique chipée à la Volkswagen ID.3 a permis de ressortir l’idée d’une A2. Rappelons que cette dernière (photo cidessus) commercialisée de 2000 à 2005 à seulement 176 205 unités endossait alors, par son format de 3,82 m de long, le rôle de l’entrée de gamme sous l’A3. A cette époque, chez Mercedes, le modèle d’accès en l’occurrence la Classe A – était également un monospace de format comparable à l’A2. En 2011 au salon IAA de Francfort, un prototype baptisé Audi A2 concept testait auprès du public l’idée d’un retour de l’Audi A2 en mode 100% électrique ce dont témoignait sa calandre singleframe partiellement occultée. La fiche technique proposait ce qu’il se faisait de mieux à l’époque une machine électrique de 116 ch, une batterie de 24 kWh utile et une autonomie de 200 km. Mais l’engin n’a jamais franchi le cap de la série. Il y a une quinzaine d’année le marché de véhicule électrique n’était absolument pas mature, la Renault Zoé pionnière du genre n’a fait son apparition qu’en 2012. En 2026, la silhouette du monospace ne fait plus recette depuis belle lurette. Audi s’accroche-t-il au dernier modèle en lice, la BMW Série 2 Active Tourer lancée au printemps 2022 et dont le format de 4,38 m de long est proche de celui de la future A2 e-tron ? Sachant que le modèle de la marque à l’hélice ne propose pas de variante 100% électrique, l’A2 e-tron à une carte à jouer mais ne perdons pas de vue que deux véritables SUV branchés : les Volvo EX30 (4,23 m) et Smart #1 (4,27 m) joueront une partition similaire avec un look davantage prisé par la clientèle.

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