près plusieurs années marquées par les polémiques autour du moteur PureTech et une image écornée auprès d’une partie de la clientèle, Peugeot semble retrouver des couleurs. Portée par la progression rapide des ventes de voitures électriques en Europe, la marque française observe un changement de comportement particulièrement marqué en France et en Allemagne. Le marché européen de la voiture électrique continue d’accélérer et certains constructeurs commencent à en récolter les premiers bénéfices. C’est notamment le cas de Peugeot, qui profite d’une hausse de la demande plus rapide qu’attendu sur plusieurs de ses modèles phares. Pour la marque au lion, cette dynamique intervient à un moment stratégique alors qu’elle tente de tourner définitivement la page des difficultés rencontrées ces dernières années et est au cœur de la nouvelle stratégie de Stellantis. Selon Alain Favey, directeur général de Peugeot, plus d’une commande sur deux enregistrée auprès des particuliers en France et en Allemagne sur les Peugeot 208 et Peugeot 3008 concernait les versions 100 % électriques entre avril et mai 2026 rapportent nos confrères de Bloomberg. Quelques mois plus tôt, cette proportion tournait encore autour de 20 %. Le dirigeant évoque même l’un des changements de comportement les plus rapides qu’il ait observés au cours de sa carrière. Il faut dire que le contexte est particulièrement favorable aux véhicules électriques. En avril, les immatriculations de voitures électriques ont progressé de 38,3 % en Europe élargie (Union européenne, RoyaumeUni et pays de l’AELE), atteignant 255 296 unités. Leur part de marché s’est établie à 22,2 %. Et le chiffre est encore plus éloquent en mai avec, chez nous, une part de marché qui grimpe à 29%. La hausse des prix des carburants observée depuis le conflit au MoyenOrient, combinée à l’arrivée de modèles électriques plus accessibles et aux dispositifs d’aide mis en place dans certains pays, contribue largement à cette évolution. Les chiffres français illustrent d’ailleurs bien cette tendance. Si la Peugeot 208 affiche un léger recul de ses ventes globales en mai avec 6 024 immatriculations contre 6 061 un an plus tôt (-0,61 %), sa version électrique progresse dans le même temps de 40,7 %, passant de 742 à 1 044 unités. Sur les cinq premiers mois de l’année, les immatriculations de l’e-208 atteignent 6 218 exemplaires, soit une hausse de 26,8 %. Le phénomène est encore plus spectaculaire sur le Peugeot e-3008. Alors que les ventes globales du SUV reculent de 13,2 % en mai avec 2 812 unités, sa version électrique bondit de 108,5 %, passant de 578 à 1 205 immatriculations. Depuis janvier, 4 532 exemplaires électriques ont été enregistrés, en progression de 28,5 %. Cette embellie intervient alors que Peugeot tente de reconstruire sa réputation après plusieurs années compliquées. Alain Favey estime que la marque a désormais « tourné une page » après les problèmes de fiabilité qui ont affecté le moteur 1.2 PureTech et les conséquences de politiques de réduction des coûts jugées trop agressives sous les précédentes directions du groupe. Au sein de Stellantis, Peugeot fait aujourd’hui partie des quatre marques considérées comme stratégiques aux côtés de Fiat, Jeep et Ram. Une orientation impulsée par Antonio Filosa, nouveau directeur général du groupe, qui a lancé une révision complète des investissements entre les quatorze marques du constructeur. Cette confiance renouvelée se traduit également sur le plan industriel. Fin mai, Emmanuel Macron a annoncé un investissement supérieur à un milliard d’euros de Stellantis dans l’usine de Mulhouse. Une décision qui renforce encore l’ancrage historique de Peugeot dans l’Est de la France. Le groupe avait déjà modernisé le site voisin de Sochaux, où 230 000 Peugeot 3008 et 5008 ont été assemblées en 2025. L’objectif affiché est ambitieux : Peugeot vise désormais 1,5 million de ventes annuelles à l’horizon 2030, contre environ 1,1 million l’an dernier. La transformation engagée par la marque ne se limite pas à l’Europe. Peugeot a récemment relancé sa coopération avec Dongfeng en Chine, signant un retournement après plusieurs années de retrait progressif de ce marché. Cette nouvelle alliance doit permettre le développement de modèles spécifiques destinés au marché chinois et à d’autres régions du monde. Plusieurs concept-cars ont d’ailleurs été présentés lors du salon de Pékin. Les futurs véhicules issus de cette coopération reposeront sur des plateformes Dongfeng et adopteront des dimensions plus généreuses que les modèles commercialisés actuellement en Europe. Parallèlement, la marque prépare une nouvelle génération de véhicules reposant sur l’architecture STLA One. Le premier modèle majeur attendu sera la future Peugeot 208, prévue dès l’an prochain. Cette nouvelle génération abandonnera totalement les motorisations thermiques pour devenir exclusivement électrique, même si l’actuelle 208 continuera de coexister pendant une période transitoire. Produite à Figueruelas, en Espagne, elle inaugurera plusieurs innovations techniques inédites chez Peugeot, dont une direction steer-by-wire sans liaison mécanique entre le volant et les roues.

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