Pendant plusieurs jours, les failles critiques « PHP2Shell » n’ont donné lieu qu’à des tentatives ratées et à des opérations de reconnaissance de grande envergure. Un chercheur vient de prouver qu’un pirate a réussi à prendre le contrôle d’un serveur en conditions réelles en se servant des vulnérabilités. Tout indique que ce n’est que le début d’une vague de cyberattaques potentiellement destructrices… L’agence américaine de cybersécurité (CISA) révèle que des pirates exploitent activement les deux failles critiques dans PHP. Elle a ordonné aux agences civiles fédérales de sécuriser leurs systèmes d’ici jeudi pour entraver les cyberattaques en cours. « Ces types de vulnérabilités constituent un vecteur d’attaque fréquent pour les acteurs malveillants du cyberespace et représentent des risques importants pour l’entreprise fédérale », déclare la CISA, soulignant qu’elle encourage « toutes les organisations à adopter une gestion des vulnérabilités basée sur les risques et à donner la priorité à la correction des vulnérabilités ». Les deux failles critiques qui frappent PHP, le langage qui fait tourner la majeure partie du web, ont été exploitées lors d’une cyberattaque réussie. Adel Karimi, responsable détection et réponse chez Perplexity, a découvert qu’un pirate est parvenu à se servir d’une des vulnérabilités contre un serveur. En amont, le chercheur avait tendu un « pot de miel » (honeypot), un serveur-leurre volontairement vulnérable, destiné à attirer les pirates pour observer leurs méthodes. « Il s’agit maintenant d’une exécution de code à distance confirmée, avec une fuite de mémoire exploitable, et non d’un simple plantage », détaille Adel Karimi. Concrètement, le pirate a réussi à sortir du serveur 800 kilo-octets de données internes. Ensuite, il a pris la main sur le serveur vulnérable en se servant des brèches, le tout en une fraction de seconde. Marcus Hutchins, chercheur chez Expel, confirme les conclusions d’Adel Karimi. Pour lui, c’est la première preuve qu’une exploitation réussie des failles PHP2Shell dans le cadre d’une offensive en conditions réelles. Pourtant, Cloudflare a détecté des millions de tentatives d’exploitation juste après la divulgation des failles. Amazon a même repéré des pirates exploitant PHP2Shell quatre jours avant même la sortie des correctifs. Selon l’équipe de recherche TRACE de Dataminr, l’activité des pirates se « limitait à du balayage, de la prise d’empreinte et des codes d’attaque non fonctionnels, sans compromission connue » jusqu’ici. C’est donc la première preuve en conditions réelles que les failles peuvent être exploitées pour faire des dégâts, mais ce n’est pas la seule. En parallèle, un développeur a lancé le site StealMyBitcoin.com. Sur ce site, il a mis en jeu plus de 2 000 dollars en bitcoins, accessibles à quiconque réussirait à pirater son serveur PHP vulnérable, dépourvu volontairement de correctifs. Près de 20 heures après l’ouverture du défi, un participant est parvenu à exploiter les failles dans le code de PHP pour subtiliser les cryptomonnaies. Par ailleurs, les chercheurs de Cyfirma ont repéré une vaste campagne en provenance de la Corée du Nord. Selon eux, le gang de pirates Lazarus, mandaté par Pyongyang, cherche activement à exploiter les failles dénichées dans PHP. Depuis 21 serveurs compromis, les hackers sondent 216 cibles vulnérables aux États-Unis, au Japon, en Corée du Sud ou encore dans l’Union européenne. On trouve surtout des administrations, des banques, et des aéroports. L’opération de « balayage » initiée par les hackers nord-coréens est « délibérément discrète et espacée », explique Kumar Ritesh, PDG de Cyfirma, à The Hacker News. Les serveurs sont « changés et abandonnés au premier signe de blocage », afin de pouvoir rester sous les radars. Ce n’est évidemment qu’une première étape. L’entreprise de sécurité prévient que « l’exploitation est l’étape suivante ». Une vague de cyberattaques reposant sur les défaillances de PHP risque donc de déferler sur le web. Pour mémoire, PHP équipe environ 70 % des sites web sur Internet. Les correctifs sont disponibles depuis le 21 octobre dernier, mais une troisième faille, encore non colmatée, a déjà été signalée par les développeurs de la fondation PHP. Le navigateur Web de Mozilla va s’enrichir de nouvelles fonctionnalités d’IA. Firefox pourra bientôt remplir automatiquement les formulaires en ligne en fonction du contexte, et vous alerter dès qu’un changement a été apporté sur une page web. Les fonctionnalités d’IA de Firefox vont s’enrichir de deux nouveautés. Déjà capable de rechercher sur le Web grâce à l’IA, de regrouper automatiquement vos onglets ou encore de rechercher dans votre historique de navigation à l’aide d’instructions en langage naturel, l’assistant de navigation IA Smart Window du navigateur va profiter de deux nouvelles fonctionnalités. La première nouveauté concerne le remplissage des formulaires en ligne. Très bientôt, Smart Window pourra se charger de remplir ceux-ci en prenant en compte le contexte. Contrairement au système de remplissage automatique déjà en place qui ne gère que les données personnelles enregistrées dans le navigateur (comme votre nom, prénom et adresse), cette fonction s’appuie sur le contexte des autres onglets ouverts pour vous suggérer des réponses. Concrètement, lorsque vous cliquerez sur un formulaire comportant au moins quatre champs de saisie, une option « remplir à partir de la source » (Fill from source) s’affiche. Vous pourrez choisir les onglets sur lesquels s’appuyer et ainsi vérifier les propositions de remplissage avant de les valider. Mozilla précise que « Smart Window ne soumettra jamais le formulaire à votre place ». Pour proposer cette fonction qui analyse les champs et extrait les données des onglets, Mozilla s’appuie sur le modèle de Google, Gemini 3.1 Flash Lite. Cela « signifie que les informations provenant de ces pages sont partagées avec le modèle d’IA en vue de leur traitement. », tient toutefois à préciser Mozilla. L’autre grande nouveauté à venir dans Firefox concerne la surveillance du Web. Comme l’a fait récemment Apple avec Safari sur iOS 27 et macOS 27, vous pourrez prochainement configurer Firefox pour surveiller les modifications apportées sur certaines pages Web. Cela vous permettra, par exemple, d’être alerté d’une baisse de prix sur un article, de la disponibilité d’un produit après une rupture de stock, de la publication d’une nouvelle offre d’emploi, etc. Pour l’utiliser, il suffira de saisir la commande /watch dans le chat Smart Window et de décrire en langage naturel ce que vous souhaitez surveiller. La fonction, qui s’appuie sur le modèle d’IA Qwen, a toutefois quelques limites. Vous ne pourrez en effet pas surveiller plus de 5 pages web par tâche, avec un maximum de 15 tâches actives en parallèle. Le module, qui ne fonctionne que lorsque Firefox est ouvert, vous permettra en outre de choisir la fréquence de vérification quotidienne ou hebdomadaire. Mozilla précise par ailleurs que les tâches seront mises en pause automatiquement passé 60 jours sans changement détecté et qu’elles s’arrêteront automatiquement après 90 jours. Quid de la disponibilité de ces deux nouveautés ? Mozilla précise que ces nouvelles fonctionnalités ne sont pour l’instant accessibles qu’au sein de la version bêta de Firefox desktop, et qu’elles restent pour l’heure limitées aux seuls utilisateurs anglophones résidant aux États-Unis et au Canada. Si aucune date de disponibilité pour la France n’est à ce jour connue, Mozilla envisage d’étendre leur disponibilité à d’autres marchés dans les mois à venir.

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