INDUSTRIE AUTOMOBILE : L’EUROPE TRAVERSE LA PLUS GRAVE CRISE DE SON HISTOIRE

À l’heure où l’industrie automobile européenne fait face à des pressions croissantes liées à sa restructuration, à l’électrification des usages et à la concurrence, la Commission européenne et l’OCDE ont produit, conjointement, un nouveau document consacré aux conséquences de cette transformation pour l’emploi et pour les travailleurs.

orientale, tandis que l’emploi dans la construction automobile et parmi ses fournisseurs a baissé depuis 2019. De plus, de nouvelles dépendances par rapport à la Chine font leur apparition : la part de ce pays dans les intrants intermédiaires est passée de quasiment zéro à 3 %, principalement dans les batteries et l’électronique avancée, tandis que l’intégration des chaînes d’approvisionnement a progressé au sein de l’UE. Le rapport en question note également que les emplois dans l’automobile restent relativement bien rémunérés et sûrs, mais près de 80 % des travailleurs du secteur font état d’évolutions très importantes de leur travail, un tiers d’entre eux ne recevant aucune formation structurée, une proportion qui approche même 40 % chez les fournisseurs. Par ailleurs, les travailleurs victimes de licenciements massifs voient leurs revenus chuter de 57 % la première année, et rester à des niveaux toujours inférieurs de 20 à 25 % après six ans. Les auteurs de la note appellent à mettre en place des mesures de reconversion et de formation tout au long de la vie plus vigoureuses et plus accessibles, en particulier pour les travailleurs des petites entreprises, ainsi qu’à prévoir des aides efficaces en matière de revenu et d’emploi et à entretenir le dialogue social pour aider les travailleurs à affronter les restructurations. S’agissant de l’avenir, le document recense les perspectives qui permettraient de réorienter une partie de la base industrielle de l’Europe vers des secteurs en croissance, dont la défense ; de s’adapter à l’évolution des modèles de mobilité et à la tendance au développement des réparations et du remanufacturage ; et d’attirer de nouveaux investissements dans la production de véhicules et de composants électriques en Europe.

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