LES POINTS FORTS ET POINTS FAIBLES DE LA VERSION CABRIOLET UNIQUE SUR LE MARCHÉ

lus d’un an après le lancement de la Renault 4 E-Tech électrique, le Losange commercialise enfin la variante Plein Sud. Sa particularité : une toile en guise de toit, que l’on peut presque totalement replier, pour libérer 1 m2 de lumière dans l’habitacle. De quoi offrir une vie à bord vraiment différente de la version standard, même s’il ne s’agit pas d’une vraie voiture cabriolet. A l’issue de notre premier essai, voici les points forts et les points faibles d’un petit SUV électrique sans trop de concurrence. En cuisine, l’ingrédient final peut avoir une importance capitale. Ce n’est heureusement pas systématique et la Renault 4 E-Tech n’avait pas forcément besoin de cet immense toit ouvrant pour s’imposer comme un des meilleurs petits SUV électrique du moment. Il n’empêche, la toile rétractable de cette version Plein Sud – présentée dès le lancement de la voiture 2025 mais qui aura mis beaucoup de temps à débarquer sur le marché – ajoute une bonne dose d’agrément au volant de la R4. Comme ce fut le cas pour les précédentes 4L depuis les années 1970. Dans cette variante découvrable, le petit SUV français n’a d’ailleurs… aucune concurrence. On ne saurait en effet lui opposer frontalement le Volkswagen T-Roc Cabriolet, 100% thermique, nettement moins pratique au quotidien et vendu à partir de 41 350 Û. Le tour du propriétaire et des particularités de cette Renault 4 E-Tech Plein Sud est rapidement fait. La seule différence réside donc dans ce toit en toile presque entièrement rétractable. Fait de deux couches d’une toile de qualité, il libère, une fois ouvert, 1 m2 de lumière dans l’habitacle. En revanche, n’espérez pas opter pour une quelconque autre couleur que le noir, il n’y a pas le choix. Dommage, mais logique pour tenir des coûts de production raisonnables. Ajoutez le bouton pour commander le toit jusqu’à 90 km/h et… c’est tout ! Pour le reste, la Renault 4 E-Tech Plein Sud reste identique à la version à toit fixe. Puisqu’il ne s’agit pas d’un vrai cabriolet, les équipes de Xavier Poupon, en charge de l’ingénierie sur cette R4, n’ont pas eu besoin de toucher au châssis ni à ses réglages. L’expérience à bord d’une voiture change radicalement que l’on soit conducteur ou passager. Confort, bruit, espace, tout varie selon où l’on se trouve dans l’habitacle, si bien que, sans parler des sportives ou des coupés moins accueillants, un même voiture peut plaire à son conducteur mais pas du tout aux passagers. Sans doute tout l’inverse de la nouvelle R4 ETech electric Plein Sud. Comme à bord de la grande majorité des voitures récentes où les surfaces vitrées diminuent au profit de panneaux de carrosserie toujours plus enveloppants, on se sent un peu engoncé à l’arrière d’une Renault 4. Or, avec ce toit ouvrant géant, les passagers arrière respirent d’un coup ! C’est même pour eux que l’expérience s’avère la meilleure, car ils profitent de l’air et de la vue apportée par cette ouverture béante. Et pour tout le monde à bord, un immense puit de lumière qui fait beaucoup de bien en roulant. A choisir le grand toit ouvrant plus simple que la mécanique complexe et très lourde d’un vrai cabriolet, Renault s’est aussi simplifié la vie pour la mise au point de sa R4. Ici, points de renforts en tous genres pour rigidifier la structure de la voiture, pas plus de que réglages de châssis spécifiques. Voilà qui permet de profiter d’un comportement toujours très plaisant quoique moins incisif que celui de la R5, avec une prise de roulis plus prononcée. Cela reste au bénéfice du confort, même si en ville, la R4 pourrait encore mieux soigner ses occupants. Puisqu’il ne s’agit pas d’une lourde capote, la manipulation de la toile de la R4 Plein Sud peut se faire à des vitesses bien plus élevées. Alors que les cabriolets « classiques » autorisent d’ôter le couvre-chef jusqu’à 50 ou 60 km/h au plus, le petit SUV Renault porte la vitesse “max” à 90 km/h pour ouvrir ou refermer le toit. Pratique lorsque l’on se trouve en dehors de la ville. Puisqu’elle est facile à manipuler et qu’une fois ouverte l’on reste quand même plus protégé du vent qu’à bord d’un vrai cabriolet, la toile de la Renault 4 Plein Sud va probablement être manipulée plus souvent qu’une capote classique. Mais en évitant un pliage articulé qui finit par user la toile à certains endroits, le vieillissement promet aussi d’être meilleur avec les années. Plus de place à bord, plus de coffre, plus de garde au sol et maintenant plus de lumière à bord, la Renault 4 E-Tech Plein Sud annonce sur le papier beaucoup plus de capacités que la R5. Mais en conservant l’unique batterie de 52 kWh et le moteur de 150 ch, l’autonomie de ce petit SUV électrique ne s’améliore toujours pas. Pire, elle diminue, à la faveur d’une aérodynamique forcément moins soignée. Or, naturellement plus haute que la R5 et donc déjà moins efficiente, la R4 perd donc encore quelques kilomètres de rayon d’action lorsqu’elle est dotée de son toit ouvrant magique. En ville, il n’y aura aucune différence et les 400 km seront franchis. Mais sur route ou autoroute, comptez entre 7 et 15% d’autonomie en moins, alors que l’autonomie WLTP est donnée pour 395 km. Certes, la surface libérée par l’ouverture du toit n’a jamais été aussi grande sur un petit SUV électrique. Mais comme souvent à bord des découvrables à capotes comme à simple toit ouvrant panoramique, ce sont surtout les passagers arrière qui en profitent. Au volant ou en tant que passager, si l’on regarde droit devant on ne perçoit pas l’ouverture du toit. Une caractéristique d’autant plus flagrante que lors de notre essai, Renault nous a fait le plaisir de venir avec un ancien exemplaire de 4L “cab”. Comparaison n’est pas raison entre deux modèles que des décennies de normes et de sécurité séparent, mais la sensation d’être dehors est réelle à bord d’une ancienne 4L et nettement moins prononcée à bord de cette nouvelle version Plein Sud. Remplacer un toit en taule par une toile, fut elle doublée, ne peut avoir une incidence nulle sur le bruit à bord. Il faudra attendre notre sonomètre pour le mesurer, mais l’habitacle de la Renault 4 Plein Sud s’avère plus sonore (toit fermé, évidemment) que celui de la version standard. Dès 50 km/h, la différence se fait sentir, par le bruit de l’air qui passe sur la toile ou un surplus de résonnance dans la cabine. Rien qui ne gâche le fait de rouler toit fermé puisque cela reste toujours moins prononcé qu’à bord de cabriolets classiques de même gamme. C’est un piège dans lequel nous sommes tombés sans le vouloir. Etant donné la possibilité de manipuler la toile jusqu’à 90 km/h et l’impression d’avoir un immense toit ouvrant qu’on peut fermer à n’importe quel vitesse, on oublierait presque que cette limite existe lorsqu’il s’agit de refermer la toile. Sur voie rapide à 110 km/h ou autoroute à 130 km/h, il faut donc franchement ralentir afin de pouvoir refermer le toit. Et bien attendre que celui-ci soit clôt avant de réaccélérer, sous peine de voir un fort courant d’air s’engouffrer le long des rails et soulever le tissu. La Renault 4 E-Tech electric Plein Sud facture sa toile ouvrante 1800 Û par rapport à un toit fixe, quelle que soit la finition choisie. C’est élevé, mais pas beaucoup plus qu’un simple toit ouvrant. Or, ici, la sensation de profiter de l’extérieur est réelle. A 37 290 Û avant la prime CEE, aujourd’hui établie à 3 620 Û minimum, cette R4 « augmentée », malgré son statut de petit SUV, ne peut toujours pas être la voiture principale du foyer, faute d’une autonomie convaincante. Mais elle n’a aucune concurrence.

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