n adoptant la motorisation hybride de 116 ch de sa grande sœur Yaris, la Toyota Aygo X a gagné en puissance, en sobriété et en agrément de conduite. Elle est ainsi devenue une proposition vraiment unique dans une catégorie désertée par de nombreux constructeurs. Mais son prix est également devenu très élevé pour une mini-citadine de son format, au point qu’on pouvait se demander si les clients allaient vraiment se bousculer au portillon. Pour l’instant, les chiffres de ventes semblent en tout cas donner raison à la politique tarifaire de cette petite japonaise. Depuis la fin d’année dernière, la Toyota Aygo X vit une véritable métamorphose. Cette minicitadine au look baroudeur a adopté une motorisation hybride, empruntée à sa grande sœur Yaris. La greffe n’a d’ailleurs pas forcément été simple. Il a fallu étirer l’avant de la voiture pour y glisser cette mécanique inédite, associant un trois-cylindres 1.5 essence atmosphérique à un moteur électrique via une transmission automatique par train épicycloïdal. Déjà bien plus importante que sur les anciennes Aygo, la longueur totale a encore augmenté de 8 cm. Mais ce sont surtout les prix de cette Aygo X hybride qui ont été victimes d’une poussée de croissance. Le tarif de base au catalogue de cette puce japonaise s’élève en effet désormais à 22 200 Û. C’est davantage que la nouvelle version hybride 155 ch de la Dacia Sandero, malgré une habitabilité et une puissance en net retrait. Pourtant, cette addition salée ne semble pas refroidir les acheteurs français pour l’instant. Sur les sept premiers mois de l’année, cette Aygo X hybride a été écoulée à 7 577 exemplaires dans l’Hexagone. C’est davantage que la MG3 Hybrid+, au rapport prix-gabarit pourtant bien plus agressif, ou que la Suzuki Swift, une autre citadine nipponne offrant plus d’espace pour moins cher. L’ancien trois-cylindres essence de 72 ch restait, lui, encore disponible sur stock. Il a ainsi réussi à gonfler le score de la plus petite des Toyota à hauteur de 1 027 unités supplémentaires. Ce n’est pas négligeable : c’est quasiment l’équivalent des immatriculations d’une Honda Jazz, par exemple. Mais en 2025, alors que cette modeste mécanique non-électrifiée était l’unique proposition, elle avait trouvé seulement 7 158 amateurs sur la même période. Même si elle avait seulement pu compter sur sa nouvelle motorisation hybride de 116 ch, l’Aygo X aurait donc vu ses scores progresser. Plus significatif encore : c’est au niveau des ventes auprès des particuliers que la croissance est la plus forte. La mini-Toyota peut se targuer d’une hausse de près de 50 % sur ce canal, le plus rentable pour les constructeurs. Nos statistiques ne sont malheureusement pas assez précises pour nous permettre de savoir quelle proportion de cette clientèle a privilégié les anciennes versions essence encore en stock à la place des nouvelles déclinaisons hybrides. Mais ces dernières sont forcément majoritaires puisque 6 494 exemplaires d’Aygo X ont été écoulés sur ce canal de distribution. Cela représente plus de trois quarts du total des immatriculations du modèle, un chiffre remarquable. Même si ce bon démarrage devra se confirmer sur la durée, les prix salés ne semblent donc pas pénaliser le succès de cette Toyota. Pas plus que les autres défauts relevés lors de notre essai de cette Aygo X hybride : places arrière peu accueillantes à l’accès compliqué, suspension trépidante, insonorisation médiocre… Mais cette japonaise a aussi le mérite d’offrir une proposition unique dans une catégorie qui a été décimée ces dernières années, avec des performances en net progrès et un volume de coffre préservé. Tout en profitant déjà de remises assez importantes pour rendre son prix plus digeste. Cette nouvelle version profite également d’une garantie longue durée rassurante, sous réserve d’un entretien annuel dans le réseau, et de l’excellente réputation de fiabilité, le plus souvent justifiée, acquise par les autres Toyota hybrides. D’ailleurs, les Yaris et Yaris Cross obtiennent également d’excellents résultats commerciaux en France malgré des tarifs généralement plus élevés que la concurrence. Quant à la sobriété, elle est bien au rendez-vous avec une moyenne de 4,8 l/100 km selon nos mesures et même un 3,8 l/100 km assez exceptionnel sur le cycle ville. Un argument fort en cette période de prix du carburant. Pour l’instant, les vents sont donc très favorables pour cette Aygo X. D’autant plus que la motorisation hybride essence non rechargeable est devenue la préférée des acheteurs ces dernières années, en atteignant 43,5 % de part de marché sur les sept premiers mois de 2026. Mais elle progresse désormais beaucoup moins vite que le 100 % électrique. L’arrivée de la très réussie Renault Twingo E-Tech, de son imminente cousine Dacia Spring 2, puis d’autres mini-citadines “zéro émission” aux tarifs canon pourrait donc venir assez vite fragiliser la position de cette Toyota. Heureusement pour elle, pour l’instant, la difficulté persistante pour se recharger en immeuble collectif suffit à lui assurer les faveurs de certains clients…

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