Marché pétrolier : Les cours du Brent ont grimpé de près de 5% sur la semaine

Le prix du Brent poursuit sa progression se situant en moyenne hebdomadaire à 82 dollars le baril, soit une hausse de près de 5 % (WTI à 78,5 dollars, +4 %). La fermeté des prix du pétrole est attribuée cette semaine à plusieurs facteurs dont : la poursuite de la politique OPEP+ qui n’a pas souhaité augmenter sa production au-delà de ce qui est prévu.

 Les déclarations américaines concernant un recours éventuel aux stocks stratégiques ; le contexte énergétique qui pousse à une demande accrue de produits pétroliers pour la production d’électricité ; le relatif optimisme retrouvé des marchés financiers après l’accord intervenu aux Etats-Unis pour repousser le délai de fixation du plafond de la dette. C’est ce que relève l’IFP Energies nouvelles (Ifpen) dans son « tableau de bord » sur les marchés pétroliers publié hier.  Ces éléments, estime l’institut de re cherche français, ont permis de compenser l’effet baissier des statistiques américaines marquées par la hausse des stocks et de la production de pétrole. L’organisme français rappelle que les pays de l’OPEP+ réunis le 4 octobre dernier ont décidé de maintenir leur politique décidée le 18 juillet dernier en dépit des pressions américaines en particulier pour aller au-delà de leurs engagements. Cette réticence des pays de l’OPEP+, explique l’Ifpen, est justifiée par deux facteurs : le risque épidémique n’est pas encore sous contrôle au niveau mondial (marqué par ce lien entre contaminations et décès au taux de 2% environ) et le retournement attendu de l’équilibre offre-demande, qui repassera en excédent en 2022. « L’OPEP+ a donc choisi de ne pas intervenir dans l’urgence face à une situation jugée conjoncturelle » indique l’institut de recherche français. 

Prix du pétrole et contexte énergétique

Pour comprendre l’influence du contexte actuel pour le marché pétrolier, souligne l’Ifpen il est nécessaire de rappeler la situation du marché énergétique. « Les prix de l’énergie atteignent des sommets que ce soit pour le charbon, le gaz naturel ou l’électricité » relève-t-il. En Europe, le prix spot du gaz se situe autour de 90 euros/MWh en moyenne sur octobre, valeur 5 à 9 fois supérieure aux moyennes annuelles observées depuis 2014 (entre 10 et 23 euros/MWh). La cotation moyenne spot de l’électricité en octobre s’établit à 185 euros/MWH contre 30 à 50 euros/MWh pour les prix moyens annuels dans le passé. « Il apparait par ailleurs que les prix de l’électricité dépassent régulièrement les coûts de production obtenus à partir des centrales au gaz » ajoute l’Ifpen. Cela pourrait indiquer une tension spécifique sur le marché de l’électricité (offre insuffisante, demande forte) qui n’est pas liée à la flambée des prix du gaz naturel, mais qui en serait au contraire en partie la raison. Le lien inverse, à savoir « prix du gaz naturel et du CO2 » définissent le prix de l’électricité » n’est néanmoins pas à exclure. « En tout état de cause, quelle que soit la relation d’influence des marchés « gaz vers elec. » ou « elec. vers gaz », voire un mixte des deux, le contexte actuel est favorable à une utilisation plus importante du pétrole dans les centrales électriques au cours actuel de l’ordre de 80 dollars le baril » soutient l’institut de recherche français. Le prix compétitif du pétrole pour la production d’électricité, estime l’Ifpen, « se situe désormais entre 90 et 120 dollars le baril sur l’hiver en tenant compte des cotations des marchés à terme du gaz et du CO2 ». L’organisme français évoque, par ailleurs, deux informations importantes reportées cette semaine concernant l’offre future de pétrole. La première vient d’Amin Nasser, le directeur général de Saudi Aramco, lors du « Energy Intelligence Forum ». Il a annoncé l’extension progressive des capacités de production d’ici 2027 pour atteindre 13 millions e barils par jour (Mb/j) contre 12 Mb/j actuellement (production de 9,5 Mb/j en juillet dernier). La deuxième, révélée par Argus, concerne l’aboutissement proche des négociations entre les sociétés pétrolières et l’Irak pour accroître la capacité de production de 5 à 8 Mb/j d’ici 2027 (en retrait par rapport aux objectifs antérieurs de 12 Mb/j initialement ramenés à 9 MB/j en 2014 ; production actuelle de 4 M/j). Ces pays anticipent un monde futur qui pourrait avoir besoin de plus de pétrole OPEP même si la demande mondiale décroit.

A.S.

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