Marchés pétroliers : Le prix du Brent poursuit sa progression

Après une première moitié de séance européenne dans le rouge, les cours du pétrole sont repartis à la hausse mardi tant les fondamentaux – offre contenue et demande qui repart – sont forts et à même d’éclipser tout épisode baissier.

Par Abdelkrim Salhi

Le prix du baril de Brent e la mer du Nord pour livraison en décembre, coté à Londres, gagnait 0,24% par rapport à la clôture de lundi, à 86,20 dollars. « La fermeté des cours du pétrole s’explique par la baisse des stocks aux Etats-Unis et par la progression de la demande mondiale, demande soutenue par le secteur électrique. Cette fermeté est également favorisée par un contexte financier haussier, par l’absence d’avancée concernant les négociations avec l’Iran et par la déclaration du ministre saoudien de l’énergie le 20 août indiquant que « le problème n’est pas la disponibilité du brut » » analyse l’IFP Energies Nouvelles (Ifpen), dans son dernier « tableau de bord » sur les marchés pétroliers. Cette dernière estime que la détente potentielle des prix de l’énergie en général pourrait être le résultat d’une météo clémente sur l’hiver, telle qu’anticipée aux Etats-Unis par l’agence météorologique de ce pays. Les statistiques hebdomadaires de l’agence américaine de l’énergie (EIA) pour la semaine du 15 octobre mettent en évidence une chute de 0,4 million de barils (Mb) des stocks de brut américain. Les analystes interrogés par S&P Global Platts anticipaient une hausse moyenne de 2 Mb. L’EIA a également signalé des baisses hebdomadaires importantes pour les stocks d’essence (-5,4 Mb) et de distillats (-3,9 Mb). Les stocks de ces trois produits se situent à des niveaux faibles, proches des plus bas observés au cours de ces cinq dernières années. La situation est identique pour les stocks de pétrole et de produits pétroliers détenus par les pays occidentaux. « C’est un facteur haussier pour le marché, même s’il convient de relativiser ces chiffres. Ces stocks représentent en effet plus de 90 jours de consommation, seuil moyen observé les années précédentes » indique l’institut de recherche français.

Le contexte énergétique tendu pèse encore sur le marché pétrolier

Les cours du gaz naturel, du charbon et du CO2 (en Europe) restent extrêmement élevés comme ceux de l’électricité en Europe relève l’Ifpen. « Les marchés à terme, reflet des tendances à un instant donné, mettent en évidence la poursuite de très fortes tensions aux cours de l’hiver suivie d’une détente toute relative au printemps » fait remarquer l’institut de recherche français. Sur la base des cours actuels de l’électricité, ajoute -t-il, la production d’électricité à partir de produits pétroliers reste rentable pour un cours du pétrole pouvant atteindre de 90 à 110 dollars le baril en fonction du produit utilisé. Ce contexte énergétique particulier à des répercussions sur les prix des produits pétroliers. Les coûts de production du raffinage sont ainsi orientés à la hausse du fait de la progression des prix du gaz naturel, utilisé comme énergie et pour produire l’hydrogène. Plusieurs pays (Allemagne, Chine…) font ainsi état de tensions sur l’offre. Conjugués à la hausse de la demande de diesel et de fioul domestique, cela entraîne une pression sur le prix de ces produits.  Les Etats-Unis ont à nouveau indiqué le 18 octobre, par la voix de la porte-parole de la Maison-Blanche, qu’ils continuaient à faire pression sur les pays membres de l’OPEP+, pour résoudre le problème de l’approvisionnement. Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a pour son part déclaré le 18 octobre, en coopération avec l’AIE, qu’il était important de convaincre les principaux pays producteurs de pétrole d’augmenter leur production. Mais le ministre saoudien de l’énergie ne semble pas convaincu du bien-fondé de cette demande. Au cours du Forum indien de l’énergie (20/22 octobre), il a ainsi déclaré : « Malheureusement, pour la première fois, nous voyons notre rôle extrêmement limité … car le problème n’est pas la disponibilité du pétrole. Même si on rendait le brut disponible en tonnes et en tonnes, qui va le brûler ? Où sont les raffineries qui vont le convertir ? « . Cette analyse laisse supposer que la hausse des prix serait purement spéculative, liée à des achats de précaution. Cela n’explique probablement qu’une partie de la hausse actuelle.

A.S.

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