NOS PREMIÈRES IMPRESSIONS À BORD DE LA BERLINE ÉLECTRIQUE DE 680 CH

a sortie d’une nouvelle création d’AMG est toujours un petit événement. Surtout lorsque, comme ici, la nouvelle venue fait table rase du passé. La branche sportive de Mercedes n’a quasiment rien conservé de la précédente CLA 45. Exit le 4-cylindres survitaminé : la berline et sa variante Shooting Brake passent à l’électrique. Derrière une carrosserie restée relativement discrète, la nouvelle venue récupère les moteurs de l’AMG GT quatre portes. De quoi lui garantir des performances de très haut vol. Il n’est pas fréquent de constater un gain de puissance de plus de 250 ch lors du passage d’une génération de modèle à celle qui lui succède. C’est pourtant bien ce qu’a décidé Mercedes pour sa nouvelle CLA 45 AMG que nous avons pu approcher pour la première fois en studio. Une déclinaison attendue puisque la nouvelle génération de CLA a débuté sa carrière il y a tout juste un an. Au vu de la fiche technique, la robe de cette variante passée entre les mains des ingénieurs d’Affalterbach (Allemagne) paraitrait presque sobre. Pourtant, plusieurs détails trahissent immédiatement l’intention souhaitée par la division sportive de Mercedes au moment de transformer la Voiture de l’Année 2026. L’avant reçoit une nouvelle calandre Panamericana à dix barrettes verticales, illuminée sur certains marchés. Elle surplombe des volets actifs capables de rester fermés pour favoriser l’aérodynamisme ou de s’ouvrir afin d’améliorer le refroidissement. De profil, les ailes sont élargies de 22 mm de chaque côté afin d’accueillir des jantes de 19 pouces, voire 20 pouces en option. Les optiques abandonnent quant à elles le bandeau lumineux à l’avant, remplacé par des prises d’air. Celui-ci peut toutefois être conservé avec le Night Package optionnel. Si l’ensemble paraît relativement discret au premier regard, l’arrière de la berline comme celui du Shooting Brake se montrent beaucoup plus démonstratif. Impossible de manquer cet imposant diffuseur. L’effet visuel est garanti, même si son efficacité réelle reste plus discutable. L’aileron actif, lui, ne laisse guère de place au doute. Rétracté en conduite paisible (mode eco, confort ou sport) ou sous les 145 km/h, il peut se déployer pour générer davantage d’appui. Selon son angle, il privilégie soit le comportement routier, soit l’autonomie. Sur la berline, il disparaît totalement dans la malle une fois replié, tandis que sur le Shooting Brake, il prolonge la ligne de toit avec le même souci d’intégration. À bord aussi, AMG soigne l’ambiance sportive sans tomber dans l’excès. L’atmosphère reste volontairement sombre, aucune sellerie claire n’étant proposée, mais plusieurs éléments spécifiques viennent différencier cette version musclée. Deux types de sièges sont disponibles : les modèles standards et les AMG Performance en option, dont la forme évoque des baquets grâce à leurs appuie-tête intégrés et à leur maintien latéral renforcé. Le client peut choisir entre microfibre et cuir, avec quelques touches de couleur pour égayer un habitacle très sérieux. Contrairement à la CLA standard, cette AMG est une stricte quatre places. Le volant est lui aussi spécifique avec ses palettes destinées à simuler les changements de rapports et ses deux molettes. La première sélectionne l’un des six modes de conduite tandis que la seconde est personnalisable afin de créer des raccourcis. Les principales nouveautés sont toutefois invisibles au premier coup d’œil. Si l’on retrouve la planche de bord à trois écrans déjà connue sur le CLA, avec une dalle 14 pouces en guise d’écran multimédia, une seconde de même taille pour le passager (option) et, derrière le volant, un écran-compteur traditionnel de 10,25 pouces. Le système MBUX gère l’ensemble des fonctions “classiques” et reçoit plusieurs fonctions inédites dédiées à la performance. L’AMG Performance Menu permet notamment de surveiller températures, pressions des pneus, forces d’accélération longitudinales et latérales ou encore l’état de la batterie. Les amateurs de circuit profiteront également d’AMG Track Pace. Ce coach embarqué, basé sur l’intelligence artificielle, analyse la conduite du pilote et lui fournit des conseils sur ses trajectoires ou ses freinages directement via l’affichage tête haute. Des trajectoires idéales peuvent également être projetées en réalité augmentée sur l’écran central. Si les chronos passent au second plan derrière le plaisir de conduite, la CLA 45 reçoit aussi un mode Drift favorisant l’envoi de la puissance vers le train arrière malgré sa transmission intégrale. Il faudra toutefois composer avec un poids de près de 2,3 tonnes en ordre de marche, aussi bien pour la berline que pour le Shooting Brake. Ce qui ne fera pas beaucoup de biens aux freins et aux pneus lors des séances de “sport”. La Mercedes-AMG CLA 4Matic+, pour reprendre son nom complet, diffère techniquement bien davantage d’une CLA classique que ne le laissent penser ses lignes. Elle reçoit trois moteurs électriques à flux axial issue de l’AMG GT. Cette technologie offre une meilleure densité de puissance ainsi qu’une plus grande compacité que les moteurs électriques classiques. Résultat : la puissance cumulée atteint 680 ch, contre 421 ch pour le quatre-cylindres de la précédente génération. Les deux moteurs arrière développent à eux seuls cette puissance, tandis que celui installé sur le train avant ajoute 360 ch lorsqu’il est sollicité. Encore plus impressionnant, le couple culmine à 1 759 Nm à la roue. De quoi abattre le 0 à 100 km/h en 2,7 secondes et atteindre 250 km/h, voire 270 km/h avec le pack AMG Dynamic Plus. L’autonomie ne serait pas sacrifiée pour autant : Mercedes annonce jusqu’à 670 km WLTP pour la berline et 640 km pour le Shooting Brake. Pour obtenir un tel résultat malgré des performances nettement supérieures à celles d’une CLA 350, AMG a adapté sa plateforme afin d’y loger la batterie de 94 kWh nets du GLC électrique. La recharge reste au meilleur niveau grâce à une architecture de 800 V acceptant jusqu’à 330 kW en courant continu. Dans les meilleures conditions, il est ainsi possible de récupérer jusqu’à 280 km d’autonomie en dix minutes ou de passer de 10 à 80 % en seulement 22 minutes. En bonne AMG, la CLA 45 ne se résume pas à une simple démonstration de puissance. Châssis et freinage sont retravaillés. Mercedes l’affirme : le plaisir de conduite a guidé tout le développement. En plus de sa transmission intégrale capable de faire varier la répartition du couple entre les deux essieux, voire de privilégier uniquement les roues arrière dans certaines situations, la sportive reçoit une suspension adaptative conservant des ressorts métalliques mais proposant trois lois d’amortissement : Confort, Sport et AMG Force S+. Ce mode radical active également une bandeson artificielle directement enregistrée sur la précédente CLA 45 thermique. Pour cela, 1600 prises de son ont été faites avec 13 microphones. Le système va jusqu’à générer des vibrations dans les sièges afin de reproduire les sensations d’un moteur à combustion. Les palettes permettent de simuler la boîte Speedshift à sept rapports des anciennes AMG, tandis que l’instrumentation affiche un compte-tours fictif. Comme sur la Hyundai Ioniq 5 N, l’objectif est de créer des sensations évoquant une sportive thermique. Mercedes ne pousse toutefois pas le concept jusqu’au rupteur artificiel : si le conducteur oublie de changer de rapport, la voiture s’en charge automatiquement. Le freinage n’a évidemment pas été oublié. Même si Mercedes reconnaît que la récupération d’énergie assure la majorité des décélérations au quotidien, les freins mécaniques restent particulièrement dimensionnés. À l’avant, des disques ventilés de 396 millimètres sont associés à des étriers fixes à six pistons. À l’arrière, des disques ventilés de 350 millimètres reçoivent des étriers flottants à simple piston. Reste désormais à connaître le tarif. Mercedes ne l’a pas encore communiqué. Une bonne nouvelle attend toutefois les clients français : contrairement à sa devancière, cette CLA électrique échappera au malus écologique pouvant atteindre 80 000 Û, un argument qui pourrait peser lourd au moment de signer le bon de commande. Le début des livraisons est prévu au premier trimestre 2027.

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