TAÏWAN RAPPELLE LES ETATS-UNIS À LEUR ENGAGEMENT SUR LES VENTES D’ARMES, APRÈS LA MISE EN GARDE DE TRUMP

T RANSACTION D ’ ALGERIE N°5205

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e gouvernement de Taïwan a

réaffirmé samedi que l’île

était une nation “indépen-

dante”, en réponse à la ferme mise en

garde du président américain Donald

Trump à l’issue de sa visite à Pékin, et

rappelé les Etats-Unis à leur engage-

ment en ce qui concerne les ventes

d’arme à Taïwan. Le gouvernement de

Taïwan a réaffirmé samedi que l’île

était une nation “indépendante”, en

réponse à la ferme mise en garde du

président américain Donald Trump à

l’issue de sa visite à Pékin, et rappelé

les Etats-Unis à leur engagement en ce

qui concerne les ventes d’arme à

Taïwan. La politique américaine à

l’égard de Taïwan repose sur un sou-

tien militaire robuste à l’île, sans tou-

tefois la reconnaître à part entière ni

soutenir ouvertement des velléités

d’indépendance. La Chine considère

Taïwan comme l’une de ses provinces,

qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le

reste de son territoire. Dans un entre-

tien télévisé enregistré avant son

départ de Pékin, où le président chi-

nois Xi Jinping lui a tenu des propos

particulièrement fermes à propos de

l’île, Donald Trump a mis en garde

vendredi Taïwan contre toute procla-

mation d’indépendance. “Je n’ai pas

envie que quelqu’un déclare l’indé-

pendance et, vous savez, nous som-

mes ensuite censés faire 15.000 kilo-

mètres pour faire la guerre”, a dit le

président américain sur Fox News, en

demandant à Taipei et à Pékin de faire

“baisser la température”. “Taïwan est

une nation démocratique, souveraine

et indépendante, qui n’est pas subor-

donnée à la République populaire de

Chine”, a réagi le ministère taïwanais

des Affaires étrangères, estimant que

la politique de Washington demeurait

“inchangée”. “En ce qui concerne les

ventes d’armes entre Taïwan et les

Etats-Unis, il ne s’agit pas seulement

d’un engagement des Etats-Unis

envers la sécurité de Taïwan, claire-

ment prévu par la loi sur les relations

avec Taïwan, mais aussi d’une forme

de dissuasion commune face aux

menaces régionales”, a insisté le

ministère taïwanais, dans un commu-

niqué. Washington est tenu de fournir

des armes défensives à Taïwan en

vertu du Taiwan Relations Act, une loi

adoptée par le Congrès américain en

1979, à la suite de la reconnaissance

de la République Populaire de Chine

par les Etats-Unis et à condition que

l?île ne déclare pas l?indépendance.

Depuis 1982, l’un des grands princi-

pes de la stratégie américaine est de

ne pas “consulter” Pékin sur ses ven-

tes d’armes à Taïwan tout en restant

flou quant à la possibilité d?intervenir

militairement en cas d’attaque chi-

noise. En décembre, le gouvernement

américain a approuvé la deuxième

vente d’armes à Taïwan depuis le

retour au pouvoir de Donald Trump,

pour une valeur de 11,1 milliards de

dollars face à la menace chinoise. Il

s’agit de la vente la plus importante

depuis 2001, lorsque George W. Bush

avait validé la livraison de 18 mil-

liards de dollars d’armes à Taïwan.

S’en sont suivis des mois de bataille

politique à Taïwan où le président Lai

Ching-te (DPP) qui n’a pas la majo-

rité au parlement, a proposé de voter

40 milliards de dollars pour la moder-

nisation et le renforcement des capa-

cités de défense de l’île. Il s’est heurté

à l’opposition du Kuomintang (KMT)

qui accuse le parti présidentiel de

pousser Taïwan dans une course aux

armements et un conflit perdant. Le

Kuomintang s’est finalement laissé

fléchir et permis le vote le 8 mai

d’une enveloppe de 25 milliards de

dollars destinés à l’achat d’armes

américaines.

“Nous n’avons pas envie que

quelqu’un se dise, proclamons l’indé-

pendance parce que les Etats-Unis

nous soutiennent”, a également

déclaré Donald Trump, en ajoutant

n’avoir pas encore pris de décision sur

les ventes d’armes américaines à l’île.

“Je prendrai une décision dans un

délai assez court”, a pourtant répondu

M. Trump aux journalistes vendredi,

en chemin vers Washington. La visite

du président américain a permis d’af-

ficher une certaine stabilité entre les

deux superpuissances, sans déboucher

sur de grandes avancées, que ce soit

sur le commerce ou sur l’Iran, allié de

la Chine. La visite annoncée de Xi

Jinping à Washington à l’automne ser-

vira de nouveau test pour le fragile

statu quo entre la première et la

deuxième puissance mondiale. Bonnie

Glaser, du German Marshall Fund,

pense que la Chine va “pousser forte-

ment” pour que Donald Trump s’abs-

tienne de toute décision sur des ventes

d’armes à Taïwan d’ici là. Jeudi, avec

une fermeté inhabituelle, Xi Jinping

avait mis Donald Trump en garde: “La

question de Taïwan est la plus impor-

tante dans les relations sino-américai-

nes. Si elle est bien traitée, les rela-

tions entre les deux pays (Chine et

Etats-Unis) pourront rester globale-

ment stables. Si elle est mal traitée, les

deux pays se heurteront, voire entre-

ront en conflit”.

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