Fort d’un joli début de carrière, le Scénic électrique aurait pu être tenté de se reposer sur ses lauriers. Mais il boxe dans une catégorie très concurrentielle, où ceux qui n’évoluent pas prennent le risque de reculer. Alors, en cette rentrée 2026, Renault offre plusieurs améliorations à son SUV familial « zéro émission ». En attendant l’arrivée prochaine d’une nouvelle batterie lithium-fer-phosphate empruntée à la récente Megane restylée, qui permettra de faire baisser les tarifs, de nombreux autres changements sont déjà annoncés pour le reste de la gamme. En faisant table rase du passé, la cinquième génération de Scénic a pris un risque. Mais pour l’instant, le pari semble réussi pour Renault. Couronné du titre de voiture européenne de l’année en 2024, ce SUV se classe parmi les meilleures ventes de voitures électriques en France. Un succès qu’il entend bien prolonger en s’offrant quelques évolutions de taille pour la rentrée. Il marche ainsi sur les traces de sa petite sœur R5, qui avait annoncé une mise à jour de sa gamme il y a quelques jours à peine. Tout en profitant de quelques améliorations apportées lors du gros restylage de la Megane E-Tech, une compacte construite sur la même plateforme et dans la même usine de Douai, dans le nord de la France. Le plus gros changement pour le Scenic est l’arrivée d’une inédite batterie lithium-fer-phosphate (LFP), une chimie moins chère que le nickel-manganèsecobalt (NMC) employé jusqu’ici. Malgré une densité énergétique en retrait, elle revendique une capacité supérieure à l’ancien accumulateur des versions d’entrée de gamme « autonomie confort » : 67 kWh au lieu de 60 kWh. L’autonomie atteint ainsi 467 km au lieu de 430 km sur le cycle WLTP, en dépit d’une puissance accrue de 50 ch. Toute la gamme profite en effet désormais de la même motorisation de 220 ch, l’ancienne déclinaison de 170 ch étant supprimée. Cette batterie LFP bénéficie également d’une puissance de recharge en courant continu (DC) portée à 165 kW en pic au lieu de 130 kW, permettant de passer de 15 à 80 % en 24 minutes. Quant au prix, il est annoncé à 31 750 €… pour les ménages aux revenus les plus modestes. Ce tarif un peu trompeur est calculé sur la base d’une prime coup de pouce CEE d’un montant maximal théorique de 8 240 € grâce au « surbonus » pour les batteries produites en Europe. Sans déduire les aides, il faudra donc compter 39 990 €, soit 2 000 € de moins que l’ancien Scenic autonomie confort de 60 kWh et 170 ch à niveau d’équipement équivalent. Cette nouvelle version d’entrée de gamme ne sera cependant commercialisée qu’à l’automne. Dans l’immédiat, seules les déclinaisons « grande autonomie » sont disponibles à la commande. Elles restent fidèle à la chimie NMC et profitent également de quelques améliorations. La capacité passe ainsi de 87 à 89 kWh, ce qui permet désormais d’annoncer 642 km d’autonomie sur le cycle WLTP. C’est une vingtaine de kilomètres de plus qu’auparavant. La puissance de charge en courant continu stagne ici à 150 kW. Mais cela n’empêche pas Renault de promettre des ravitaillements plus rapides, avec un 15-80 % en 24 minutes. D’autres changements sont apportés au Scenic par la même occasion. Comme la R5, il gagne ainsi de nouvelles teintes de carrosserie : un bleu « ardoise satin » et un gris « exo galaxy ». Même s’il est bien trop tôt pour un vrai restylage, des jantes inédites font également leur arrivée, alors que les lames de bouclier avant et arrière adoptent un traitement noir brillant. Mais c’est surtout l’habitacle qui évolue. De nouvelles ambiances intérieures figurent au programme, avec un usage toujours plus important de matériaux recyclés. Cela fait partie des innovations annoncées par le concept Renault Emblème. La finition de base Techno gagne en prime des sièges au maintien et au confort accrus. Un chargeur de smartphone par induction plus performant et ventilé, au standard « Qi2 » ou « Magssafe » sur Iphone, devrait par ailleurs réjouir les plus technophiles. Tout comme les 2 Go/mois de données désormais incluses pendant 3 ans ou jusqu’à la fin du contrat de location longue durée conclu avec Mobilize Financial Services. Quant à l’intelligence artificielle de Google, Gemini, elle est désormais proposée en alternative à Google Assistant, sans devenir obligatoire. Le planificateur d’itinéraires basé sur Google Maps intègre pour sa part de nouvelles options de personnalisation, comme le choix du réseau de charge, la puissance des bornes ou le mode de paiement. Imposée par le récent durcissement de la très controversée norme GSR 2, la caméra de surveillance de la distraction va quant à elle bien plus loin que ne le prévoit la réglementation. Elle permet aussi de reconnaître le conducteur pour adapter ses différents réglages en fonction de ses préférences : position du siège s’il est électrique, navigation, multimédia, ambiance lumineuse… Renault annonce également avoir peaufiné le fonctionnement de sa conduite autonome de niveau 2 « Active Driver Assist » et ajouté un nouveau mode de conduite « smart » capable de s’adapter automatiquement en fonction du rythme adopté. A peine plus de deux ans après son lancement, le Scenic E-Tech profite donc de nombreux changements. Cela devrait l’aider à prolonger son succès, voire à mieux rivaliser avec un Tesla Model Y qui reste le SUV familial électrique le plus vendu en France. D’autant que les prix n’augmentent pas, voire diminuent sur la future variante d’accès à batterie LFP. Toute la gamme demeure en outre éligible à la prime coup de pouce grâce à une astuce de Renault qui traite les finitions supérieures comme de simples options. Elle ne sont ainsi pas privées de cette aide malgré leur tarif bien supérieur au plafond théorique de 47 000 €.

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