e RAV4, ce n’est pas seulement un SUV populaire en Europe. C’est surtout la voiture la plus vendue dans le monde en 2025. Alors, pour remplacer ce bestseller, Toyota ne prend aucun risque. La 6e génération qui arrive en concessions en avril en reprend la recette à succès : efficience, solide esprit pratique et la robustesse de son ainé, dont il reprend la plateforme. Les nouveautés du SUV Toyota sont dans le style, l’inédit système multimédia et des chaînes de traction hybrides plus sobres que jamais. Un cocktail plus sérieux qu’enthousiasmant à déguster, comme nous l’avons constaté au volant des variantes HEV et PHEV. Depuis 1994 et le premier “Fun Cruiser”, le RAV4 s’est installé comme un incontournable du marché des SUV en France. C’est l’archétype de la familiale rassurante, spacieuse, fiable et sobre depuis qu’il a basculé dans le monde de l’hybride (2016). Plus de 200 000 RAV4 circulent en France, avec une communauté de fans fidèle : depuis l’ouverture des commandes de cette 6e génération, plus de 750 personnes ont signé un bon de commande sans voir la voiture… dont la moitié possédait déjà un RAV4. A reprendre la plateforme TNGA de son ainé, le nouveau RAV4 en conserve l’allure générale, les proportions ainsi que les passages de roues “carrés” qui participent à la sensation de robustesse émanant de la voiture. La nouveauté vient de la face revue, avec une signature lumineuse dans le style du récent C-HR+ électrique. A l’arrière, le nom “RAV” s’étale désormais en grand format entre les feux arrière, sous le petit logo Toyota, peint en noir sur les versions GR Sport que nous avons à l’essai. A la manière des “GT Line” chez Peugeot ou “S Line” chez Audi, ces variantes profitent d’une allure plus dynamique, avec, notamment, des voies élargies (+20 mm) et une garde au sol abaissée (18,6 cm contre 20,1). En outre, cette 6e génération affiche exactement les mêmes dimensions que sa devancière sortie en 2018. Aujourd’hui, avec ses 4,60 m de long, le RAV4 s’intercale entre les Renault Austral (4,53 m)/Peugeot 3008 (4,55 m) et le dernier Citroën C5 Aircross (4,64 m). Longueur : 4,60 m Largeur : 1,86 m Hauteur : 1,70 m Empattement : 2,69 m Si le style extérieur ne change pas radicalement, en revanche, l’aménagement intérieur profite d’une toute nouvelle planche de bord, aux lignes très horizontales. L’écran-compteur de 12,3 pouces est installé 40 mm plus bas pour faciliter la vision sur la route et il complété par un affichage tête haute sur notre version GR Sport. La dalle centrale affiche, pour sa part 12,9 pouces et profite, à sa base, de quelques boutons physiques – pour modifier la température et moduler le volant du son notamment. Le remplacement du levier de vitesse classique par une gâchette permet de libérer de l’espace et de nombreux rangements sont disponibles sur la console, dont un espace pour deux smartphones. Bien vu, d’autant qu’il y a aussi un rangement sous l’accoudoir central. En revanche, le mécanisme du couvercle de ce logement déçoit par sa qualité, entre le jeu et les bruits qu’il présente à l’ouverte. Et il faut bien avouer que ce nouveau RAV4 n’impressionne pas par la qualité des matériaux présents à bord, que ce soit sur la planche de bord, les contre-portes ou la console centrale. Avec des plastiques plus proches de ce que propose un Dacia Bigster qu’un 3008 ou un Austral, à la réalisation bien plus flatteuse. Le précédent RAV4 offrait un habitacle généreux à tous les occupants, et la nouvelle génération affiche fort logiquement la même générosité puisqu’il conserve les mêmes dimensions, dont un empattement de 2,69 m. Ainsi, les occupants de la banquette profitent d’un bel espace pour étendre leurs jambes, d’une assise à la longueur appréciable, sans oublier de dossiers réglages en inclinaison sur deux positions. En revanche, comme d’habitude dans les voitures proposant un accoudoir central à l’arrière, la place du milieu n’est pas fréquentable bien longtemps. Côté modularité, le RAV4 ne fait pas plus d’efforts qu’avant. Pas de banquette coulissante au menu, de tirettes pour basculer les dossiers depuis le coffre ou encore de logement pour ranger le cache-bagages. On apprécie, en revanche, que le coffre présente un plancher plat quand on rabat le second rang, surtout que le volume ne manque pas. Toyota annonce une contenance de 514 l sur les variantes HEV, et 446 l pour les PHEV. L’une des grandes nouveautés de cette 6e génération de RAV4 est d’inaugurer un nouveau système télématique, baptisé Toyota Connect. Derrière un “hardware” bien plus costaud et un système annoncé quatre fois plus rapide qu’avant, celui-ci s’avère mieux organisé, plus intuitif et plus complet. Toyota a travaillé, notamment, avec Google (pour les points d’intérêt) et TomTom (radars fixes), histoire de se remettre à niveau, d’autant que la marque propose une application MyToyota pour effectuer des actions à distance. Comparé à l’ancienne génération le progrès est flagrant, même s’il reste des points à améliorer, comme la navigation, pas encore au niveau des meilleurs côté vitesse de calcul ou qualité de l’affichage. L’ergonomie des commandes est plutôt réussie, avec de vrais boutons pour la température, le volume audio, la caméra 360° ou encore les modes de conduite. Le RAV4 conserve au menu deux propositions hybrides, avec et sans fil, toutes deux désormais disponibles en deux et quatre roues motrices, dont une variante PHEV traction avant inédite. Les deux chaînes de traction reposent toujours sur un 2,5 l essence, dont la puissance est revue à la baisse afin d’améliorer l’efficience. Ainsi, les variantes HEV annoncent désormais 185 ch en traction et 194 ch en AWD. Mais cela n’empêche pas ces dernières d’annoncer les mêmes performances qu’avant, la partie électrique ayant été renforcée, avec notamment une nouvelle batterie, à la capacité identique (1,09 kWh brut) mais capable de délivrer davantage de puissance. Si les versions HEV évoluent sensiblement, on peut carrément parler de nouvelle génération pour la PHEV. Elle troque l’ancienne batterie de 18,1 kWh (brut) pour un accumulateur lithium-ion de 22,7 kWh. Le moteur électrique avant grimpe à 204 ch (+ 22 ch), pour une puissance cumulée de 309 ch en AWD, et 272 ch pour la deux roues motrices. Le RAV4 a toujours été un SUV rassurant à conduire et le nouveau venu ne déroge pas à la règle. Le Toyota privilégie l’équilibre à l’agilité, y compris en variante GR Sport aux réglages plus fermes. Bousculée, cette dernière (HEV comme PHEV) se contente d’élargir gentiment la trajectoire. Notamment ici, sur ces routes espagnoles au nord de Marbella, où on peut se faire surprendre par une adhérence médiocre sur ces routes parfois poussiéreuses. Les amateurs de dynamisme iront voir ailleurs, notamment du côté du Renault Austral, qui propose des variantes à roues arrière directrices. Mais si le parti-pris « conduite tranquille » du RAV4 fait partie de sa personnalité, on est moins fan du confort de suspension délivré par les variantes GR Sport, à l’amortissement raffermi et aux débattements de suspension réduits. Les suspensions peinent à filtrer les défauts du bitume, défaut accentué par les roues de 20 pouces livrées de série. Le RAV4 est plus fréquentable avec le châssis standard, comme nous avons pu le constater sur une variante HEV en finition Lounge. Comme l’impose la norme européenne GSR 2, le RAV4 embarque toutes les aides à la conduite obligatoires. Grâce à une nouvelle plateforme logicielle, le SUV Toyota dispose même d’ADAS de nouvelle génération. Comme l’alerte de circulation transversale, dispositif qui facilite la traversée des intersections en détectant les véhicules circulant sur un axe perpendiculaire. A noter que les finitions supérieures proposent la fonction Advanced Park, qui permet au conducteur de piloter les manœuvres de stationnement depuis l’extérieur du véhicule à l’aide de son smartphone. On constate surtout, avec satisfaction, que Toyota a simplifié l’accès aux aides à la conduite, notamment la pointilleuse alerte de survitesse qu’on désactive désormais en 2 clics un sur le logo voiture en haut de l’écran, puis un second sur l’écran qui s’affiche. Renouvelé plutôt que repensé, le nouveau RAV4 est taillé pour plaire à ses habitués. Et plus largement à tous(tes) les client(es) en quête d’un SUV familial rationnel, pratique, sobre et dont la fiabilité se double d’une valeur de revente élevée. Toutefois, cela ne l’empêche pas de prêter le flanc à la critique sur certains points. Derrière l’intérêt discutable des variantes GR Sport, on note surtout la qualité décevante des matériaux intérieurs, pas à la hauteur de la concurrence. Un défaut d’autant plus gênant que Toyota a la main lourde sur les tarifs de cette nouvelle génération. En effet, il faut débourser pas moins de 46 450 Û pour un RAV4 HEV deux roues motrices, quand un Renault Austral Hybrid E-Tech 200 ch commence à 41 900 Û et coûte 46 000 Û dans la version de haut de gamme Esprit Alpine.

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