Sur les marchés à terme le contrat Brent pour livraison en décembre a augmenté de 3,7 % pour atteindre 115,5 dollars le baril, tandis que le WTI a progressé de 1,0 % pour s’établir à 102,1 dollars le baril. Le consensus Bloomberg du 29 octobre, souligne l’Ifpen, est stable par rapport à la semaine dernière : il anticipe un prix moyen du Brent de 95,0 dollars le baril pour le quatrième trimestre
Le marché pétrolier reste dominé par les risques pesant sur l’approvisionnement du Moyen-Orient. « Les perspectives de reprise des négociations entre Washington et Téhéran ont ponctuellement fait reculer les cours, mais les attaques contre les infrastructures saoudiennes et les navires commerciaux, combinées à la faiblesse persistante des flux d’hydrocarbures dans la région, entretiennent une prime de risque élevée », a indiqué l’IFP Energies nouvelle (Ifpen), dans son dernier tableau de bord sur les maché pétroliers. Au cours de la semaine dernière, le Brent a évolué entre 113 et 116 dollars le baril ($/b) et le WTI entre 100 et 103 $/b. « Les tensions entre les ÉtatsUnis, Israël et l’Iran demeurent le premier déterminant du marché », a estimé l’Ifpen. Des initiatives diplomatiques, notamment sous médiation qatarienne, visent à relancer les discussions, mais aucun accord n’est en vue : les premières propositions transmises à Téhéran auraient été jugées insuffisantes par des responsables iraniens. Parallèlement, la perspective de nouvelles opérations militaires américaines après les élections de mi-mandat du 3 novembre alimente la crainte d’un conflit prolongé. Les cours réagissent ainsi tour à tour aux espoirs de désescalade et au risque de nouvelles ruptures d’approvisionnement. Cette incertitude limite les prises de position et explique la faible amplitude des variations hebdomadaires du Brent. Par ailleurs, les Houthis ont revendiqué plusieurs frappes contre des installations saoudiennes, dont la raffinerie de Ras Tanura (550 kb/j) et des installations liées au système d’oléoducs Est-Ouest. « Le marché reste ainsi caractérisé par une prime de risque élevée, alimentée par la persistance des perturbations physiques et la faiblesse des stocks disponibles. Les espoirs diplomatiques limitent les hausses sans suffire à provoquer une détente durable » relève l’Ifpen. « Tant que les exportations du Golfe, notamment de produits raffinés et de GNL, resteront fortement dégradées, le Brent devrait demeurer sensible à toute nouvelle menace sur les infrastructures ou le transport maritime. Une baisse durable des cours nécessiterait non seulement des avancées diplomatiques, mais aussi des signes tangibles de rétablissement des flux », analyse l’institut de recherche. En moyenne sur la semaine, le prix spot du Brent s’est établi à 120,7 $/b (-0,6 %). Sur les marchés à terme, indique l’Institut, le contrat Brent pour livraison en décembre a augmenté de 3,7 % pour atteindre 115,5 $/b, tandis que le WTI a progressé de 1,0 % pour s’établir à 102,1 $/b. Le consensus Bloomberg du 29 octobre, souligne l’Ifpen, est stable par rapport à la semaine dernière : il anticipe un prix moyen du Brent de 95,0 $/b pour le quatrième trimestre. La prévision de prix moyen annuel s’établit à 90,0 $/b pour 2026 et à 81,0 $/b pour 2027. L’Ifpen indique que les stocks commerciaux de brut reculent pour la quatrième semaine consécutive, de 1,9 millions de barils (Mb) à 410,6 Mb (environ 4 % sous la moyenne quinquennale), alors que le marché attendait une quasi-stabilité. Cette baisse s’explique entre autres par une forte hausse des exportations à 1,4 Mb/j (+41 % sur la semaine). La production de pétrole est en forte hausse (+5,4 %) à près de 14 Mb/j et le traitement du brut en raffinerie reste élevé avec un taux d’utilisation de 92,8 % en légère baisse par rapport à la semaine dernière. Au-delà des variations hebdomadaires, signale l’Ifpen, les stocks totaux de pétrole et de produits pétroliers, réserve stratégique comprise, ont diminué d’environ 40,8 Mb entre le 18 septembre et le 23 octobre, à 1,5 milliard de barils, au plus bas depuis plus de vingt ans. Cette semaine, indique l’Institut de recherche, les majors ont publié leurs résultats financiers pour le troisième trimestre 2026. Au troisième trimestre 2026, les cinq majors (ExxonMobil, Chevron, Shell, BP et TotalEnergies) ont dégagé ensemble 56,2 milliards de dollars (G$) de résultat ajusté, soit 32,9 G$ de plus qu’au T3 2025 (+141 %) et 8,0 G$ de plus qu’au T2 2026 (+16 %) », rapporte l’Ifpen. Cette envolée, précise l’Institut de recherche, s’explique par la guerre au Moyen-Orient : les perturbations de l’offre du Golfe ont porté le Brent à 97 $/b en moyenne (+ 28 $/b, soit + 40% sur un an) et le gaz européen (TTF) USD/MBtu, tout en faisant exploser les marges de raffinage. L’aval gagne 21,1 G$ en un an (+ 284 %, de 7,4 à 28,5) et dépasse l’amont, qui gagne 7,5 G$ (+ 52 %, à 21,9). Les volumes, eux, reculent chez les cinq sociétés (entre -1,4 % et -6,9 % sur un an), entre arrêts d’actifs au Moyen-Orient et droits à production réduits par la hausse des prix (liée aux contrats de partage de production). Enfin, la transition énergétique reste un poste secondaire : 3 à 4 % des investissements chez Shell et BP, et un tiers au troisième trimestre pour TotalEnergies, qui reprend le portefeuille renouvelable de Shell. Le Brent est passé de 64 $/b au quatrième trimestre 2025 à 80,6 $/b au premier trimestre 2026, puis à 104,5 $/b au deuxième trimestres 2026, sous l’effet des perturbations de l’offre du Golfe. Il reste à 97 $/b au troisième trimestres 2026 et dépasse 100 $/b en début de quatrième trimestre 2026, selon TotalEnergies.

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