SORTIE DE L’ALGÉRIE DE LA LISTE GRISE DU GAFI : « UNE RÉALISATION IMPORTANTE », SELON LE FMI

Le Fonds monétaire international indique que « la croissance est restée robuste en 2025 et atteindrait 3,9 % selon les estimations, soutenue par des investissements importants ». L’institution financière internationale estime, également, que les perspectives à court terme demeurent globalement positives. Elle a, par ailleurs, salué les efforts de diversification déployés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole. Le groupe Sonatrach a annoncé, mercredi dans un communiqué, la livraison de sa première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) à destination de l’Allemagne. Cette livraison, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie de diversification des exportations gazières de la compagnie, a été réalisée en date du 2 juillet en cours au niveau du terminal de regazéification flottant Wilhelmshaven 1, a précisé la même source.

a mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Charalambos Tsangarides, qui a séjournée à Alger du 16 au 30 juin pour mener les consultations de 2026 au titre de l’article IV, a salué, dans un communiqué, publié lundi, le retrait de l’Algérie de la liste grise en matière de LBC/FT. La mission du FMI a estimé que c’est « une réalisation importante, reflétant une forte volonté et de la poursuite des efforts de réforme ». Dans une déclaration l’issue de la mission, M. Tsangarides a indiqué que « la croissance est restée robuste en 2025 et atteindrait 3,9 % selon les estimations, soutenue par des investissements importants, tandis que la croissance du secteur des hydrocarbures est restée modérée ». Selon le FMI, l’inflation a augmentée depuis septembre 2025, sous l’effet de la hausse importante du prix des bijoux et de l’augmentation modérée du prix des produits alimentaires. Le déficit budgétaire a diminué en 2025, à 10,5 % du PIB, grâce aux dividendes élevés ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie ainsi qu’à l’augmentation des recettes hors hydrocarbures, mais il reste très élevé. Néanmoins, d’importants besoins de financement ont poussé la dette publique à 52,1 % du PIB. Les conditions monétaires se sont assouplies, parallèlement à un financement accru de l’État par la banque centrale. L’institution financière internationale indique que les perspectives à court terme demeurent globalement positives, car la hausse des prix des hydrocarbures devrait augmenter les exportations et les recettes budgétaires. La croissance du PIB devrait rester robuste à 3,8 % en 2026. L’inflation devrait s’accélérer temporairement. Le déficit extérieur devrait baisser sous l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures et de la baisse des importations. À court terme, la mission du FMI recommande une consolidation budgétaire importante, compte tenu notamment de la détérioration du déficit extérieur, en partie due à l’investissement public. Le recours au financement monétaire devrait être évité, et la politique monétaire devrait être resserrée si l ’accélération de l’inflation continue. Une meilleure gestion de la liquidité permettrait de rapprocher le taux interbancaire du taux directeur et de renforcer la transmission de la politique monétaire. Une plus grande flexibilité du taux de change améliorerait la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs. La poursuite des efforts destinés à améliorer le fonctionnement du marché formel des devises, appuyés par un dosage mieux équilibré des politiques macroéconomiques, contribuerait à renforcer la confiance et à soutenir l’activité du secteur privé. Les priorités à moyen terme sont notamment le renforcement des cadres budgétaire et monétaire, la réduction de l’interdépendance entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques, et la poursuite des réformes structurelles destinées à favoriser une transition progressive vers une croissance durable tirée par le secteur privé. La stratégie de consolidation budgétaire doit être axée sur la mobilisation de nouvelles recettes hors hydrocarbures et la rationalisation des dépenses. Les mesures visant à accroître les recettes devraient inclure l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction des dépenses fiscales et le renforcement des efforts de l’administration fiscale pour améliorer le respect des obligations fiscales et réduire l’informalité grâce à la numérisation et à des contrôles plus stricts. Une réforme des subventions et des prestations sociales, ainsi que la limitation des transferts aux entreprises publiques, contribueraient à la consolidation et permettraient de dégager de l’espace pour les dépenses prioritaires, y compris une aide ciblée aux ménages vulnérables. Une efficience accrue des investissements publics aiderait les autorités à atteindre leurs objectifs de diversification économique. L’effort de consolidation devrait être soutenu par une gestion des finances publiques et des risques budgétaires renforcés et s’inscrire dans un cadre budgétaire fondé sur des règles. Les premières mesures visant à diversifier les sources de financement sont les bienvenues, notamment la première émission souveraine de Sukuk et le financement attendu d’une banque de développement régionale. L’institution financière internationale recommande de renforcer davantage le cadre de la politique monétaire notamment en faisant d’une faible inflation l’objectif premier et le point d’ancrage nominal. La mission exhorte les autorités à renforcer les garde-fous réglementaires relatifs à tout financement monétaire exceptionnel de l’État afin de protéger l’indépendance opérationnelle de la banque centrale. La BA devrait améliorer ses opérations de gestion des liquidités et chercher à rapprocher les taux interbancaires et directeurs. Il est essentiel de renforcer la surveillance du secteur financier pour atténuer les risques découlant des liens financiers étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. La poursuite des réformes est nécessaire pour soutenir une croissance plus forte et plus résiliente tirée par le secteur privé. Parmi les priorités figurent l’amélioration du climat des affaires, l’uniformisation des conditions de concurrence entre les entreprises publiques et le secteur privé, la réduction des barrières aux échanges et des restrictions administratives, l’accroissement de la flexibilité des marchés des biens et du travail, et la réduction de l’informalité grâce à la numérisation et à la réforme du régime fiscal. La position géographique de l’Algérie et sa richesse en ressources énergétiques pourraient servir de levier pour renforcer son rôle sur le marché de l’énergie, avec l’Europe et l’Afrique. Le FMI salue les efforts de diversification déployés par l’Algérie, notamment dans les secteurs minier et agricole, et encourage la poursuite des réformes visant à renforcer la compétitivité et l’investissement privé.

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