LE S-EL QUI LUI MANQUAIT ?

 Le fastback français double son offre avec un blason GTS qui nous promet plus d’entrain. Des performances en hausse, mais un comportement finalement identique ou presque. Non pas que le SUV sportif français nous avait déçu sur ce point. Loin de là. Les ingénieurs maison, réputés pour la finesse de leur mise au point, nous avait déjà bluffé avec la version GT de 400 ch, grâce sa direction ultra directe et l’efficacité de son châssis. Pour la découverte de sa grande sœur mieux lotie côté puissance, nous avons pu exploiter un terrain de jeu adapté : le petit circuit de Veirano dans la banlieue milanaise. Un tracé pertinemment choisi, ni très rapide ni particulièrement technique, mais qui permet surtout de jouer avec l’équilibre de l’Alpine sur les nombreux enchaînements de pif-paf. On retrouve ce train avant très prompt à suivre les injonctions du « pilote », et cette manière de coller à la corde s’en jamais s’en défaire. Les joies d’un Active Torque Vectoring bien senti. Toujours aussi « légère » à mener, l’A390 GTS est vivante, aime être placée sur les freins avec un arrière mobile en entrée de virage, et se joue royalement des transferts de charge. Voilà de quoi donner le sourire. Mais s’il vous venait à l’esprit d’être plus créatif, les choses rentrent malheureusement dans l’ordre à la remise des watts. Le S en plus, c’est donc et surtout de l’énergie à revendre. Si elle se montrait plutôt sage en GT (par les standards électriques d’aujourd’hui s’entend), la GTS gagne ses galons de véritable sportive, avec un couple solide de 824 Nm. Les accélérations sont plus violentes, et on bondit d’un virage à l’autre avec plus de panache. De quoi aller chercher plus facilement des noises à un Porsche Macan, mieux doté sur le segment premium. Et c’est peut-être ce qui manque finalement à cette A390 pour vraiment défier la concurrence. Avec sa base de Renault Scénic dynamisé, la technologie embarquée et la simple plateforme 400V, les armes engagées sont plus faibles qu’en face. Pour 10 500 Û de plus, la version GTS gonfle son équipement et ses performances tout en restant l’un des meilleurs SUV à conduire. Mais à plus de 80 000 Û option comprises, l’A390 commence à parler à une clientèle particulièrement exigeante. Qu’il s’agisse de ses attributs techniques, ou de la mise au point dynamique. Côté chiffres justement, cette GTS inaugure les nouvelles batteries françaises produites par le partenaire Verkor. Pour le reste, on retrouve la belle polyvalence du modèle, avec son espace à bord finalement peu impacté par le design tranché et une ergonomie à la Renault qui fait partie des toutes meilleures du marché. Et si on lui a suffisamment reproché de ne pas en faire assez pour se démarquer des cousines généralistes, cette finition GTS peut compter sur du carbone forgé pour rehausser l’ambiance désormais de série, tout comme les superbes sièges Sabelt en cuir Nappa, ou le système audio haut de gamme Devialet. Facile au quotidien et toujours confortable, l’A390 GTS aurait pu profiter de son positionnement dans la gamme pour jouer les petits trublions. Dynamique hors pair, équilibre joueur et performances enfin à la hauteur, la version GTS de l’A390 est un véritable bonheur pour les amateurs qui ne veulent pas rogner sur la polyvalence. Mais la concurrence est rude sur le segment, et la réussite de l’électrique est encore à démontrer.

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