remplaçant du Mercedes Classe V, c’est lui ; un van haut de gamme baptisé VLE, lancé en version électrique, et qui en met plein la vue. Vous hésiteriez, vous, entre une Mercedes Classe S et un fourgon ? Outre l’écart tarifaire, pas forcément aussi grand qu’attendu, l’iconique limousine et ce nouveau VLE ont des arguments bien distincts, mais aussi des points communs, dont le luxe et la technologie embarquée. Ainsi, à bord de ce van pour le moins accueillant, un écran 8K parfaitement caché se déploie et transforme la partie arrière de l’habitacle en salle de cinéma. Les stores des vitres latérales et celui du toit panoramique se déroulent pour feutrer l’ambiance : il n’y a plus qu’à incliner les sièges électriques chauffants, à poser les avant-bras sur les accoudoirs renfermant une tablette articulée, à ajuster le volume puis à sélectionner un film. Ou deux, grâce à la possibilité de diviser l’écran 31 pouces en deux parties, pour que chacun des passagers du deuxième rang choisisse son programme et enfile son casque audio. Et là, c’est promis, adultes ou enfants, personne ne vous demandera s’il reste encore beaucoup de kilomètres. On pourrait même imaginer une famille se réfugier à bord, le soir, à l’arrêt, pour profiter de cette salle de projection. Sans détailler l’intégralité des équipements disponibles à bord, on comprend vite l’étendue de l’offre proposée pour cet espace XXL, qui profite d’une climatisation à quatre zones et jouira dans le futur de déclinaisons VLS encore plus luxueuses. Mais le VLE peut aussi se contenter de plus classiques sièges individuels manuels (28 kg), qui bénéficient de roulettes pour, une fois démontés, être déplacés facilement dans un garage. Le fourgon allemand, produit en Espagne, peut également accueillir de pratiques mais plus modestes banquettes arrière à trois places, que les deux portes latérales coulissantes rendent facilement accessibles. Et désormais, ces portes disposent d’une vitre qui descend dans la porte (intégralement), dont le Classe V, le prédécesseur, ne pouvait profiter. Le VLE s’étend sur 5,31 mètres, la version allongée culmine à 5,48 mètres. Peut-on encore parler de camionnette ? Pas vraiment. Disponible à la commande à la rentrée 2026, le VLE ne partagera pas sa carrosserie avec la déclinaison utilitaire, attendue en 2027 en remplacement du Vito. Mais il lui prêtera sa plateforme VAN.EA (pour Van Electric Architecture), apte à recevoir des motorisations thermiques ou, comme ici, du 100 % électrique. Et cette dernière dispose d’arguments : des 353 km d’autonomie WLTP affichés par un EQV arrivé en fin de carrière, on passe ici à 700 km, grâce à la batterie de 115 kWh de capacité, au cœur d’une architecture V. D’apparence cubique mais très travaillé au chapitre aérodynamique, le VLE affiche un Cx de 0,25. Le VLE se recharge vite, jusqu’à 300 kW, faisant repasser son niveau d’énergie de 10 à 80 % en vingt-cinq minutes. Déclinée courant 2027 avec un accumulateur plus modeste de 80 kWh, la nouveauté allemande dispose en version 300 de roues avant motrices entrainées par un moteur de 276 ch. En 400 4MATIC, elle compte un électromoteur par essieu, pour une puissance cumulée de 415 ch. La différence entre les deux versions reste sensible mais, dans chaque cas, Mercedes privilégie le confort. Ce mini-bus business, que nous n’avons pu essayer qu’avec la suspension pilotée pneumatique, voyage sans prétention dynamique ; il reste toujours sain mais n’est pas fait pour être “piloté”. Il soigne surtout le bien-être de ses occupants, s’abaissant par exemple de 4 cm à l’arrêt, pour faciliter l’accès à bord, ou de 1,5 cm au-delà de 110 km/h, afin de réduire sa consommation, qu’il nous a semblé difficile de contenir sous les 20 kWh/100 km. Le VLE prend soin de son maître à bord, le chauffeur, en tentant de se faire passer pour plus petit qu’il n’est : sous les 60 km/h, ses roues arrière directionnelles braquent dans le sens opposé des roues avant, jusqu’à 7° (!), offrant un diamètre de braquage semblable à celui d’une berline CLA. Pas mal, pour un modèle de 5,31 mètres de long. Le VLE embarque aussi, comme dans beaucoup de BMW depuis de nombreuses années, un système capable de reproduire en marche arrière les 150 derniers mètres parcourus en marche avant ; bien pratique pour les mauvaises surprises dans les parkings ou rues étroites. Reste à composer avec le poids à vide (2 800 kg) qui, une fois chargé de quelques personnes et bagages, peut excéder les 3,5 tonnes ! Pas besoin d’un permis spécial pour autant : en France, on soustrait la masse de la batterie électrique pour le calcul, autorisant donc n’importe quel titulaire du permis B à prendre le volant. Mais sur certains marchés, comme en Allemagne ou en Espagne, par exemple, ce seuil de 3 500 kg rend le VLE inaccessible au conducteur lambda Le conducteur doit par ailleurs composer avec des montants de pare-brise particulièrement épais, qui gênent la visibilité en trois-quarts avant. Et pour compenser la rétrovision, nulle avec la banquette arrière à trois places, Mercedes installe un écran/rétroviseurs central affichant l’image de la caméra arrière, auquel l’œil a bien du mal à s’habituer. Mais à part ça, la conduite de ce VLE se révèle agréable, silencieuse et facile, pourvu que l’on s’accommode des deux mètres de large, hors rétroviseurs. Et comme dans toutes les nouveautés récentes de la marque, la “planche” de bord est un terme pris au pied de la lettre. Parfaitement lisse et plate, elle se ne se compose que d’écrans ; comme dans une Classe S ! Vous aimez les écrans ? Ça tombe bien : l’aménagement intérieur en est bardé… Avec un VLE à l’autonomie généreuse, Mercedes entend ne pas se contenter de l’habituelle clientèle professionnelle que sont les taxis, chauffeurs et les hôtels. Les familles sont visées aussi.

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